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SHORT

Deux IA, quelques Wago et un va-et-vient

Deux IA, quelques Wago et un va-et-vient

Il y a des problèmes qui, sur le papier, ne devraient pas vraiment en être.

Quelques fils, deux interrupteurs, un module Sonoff et une lampe.

Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ?

Pas mal de choses, apparemment.

Ça devait pourtant être simple

J'en étais encore à mes débuts avec Home Assistant et Zigbee et je commençais à installer quelques modules Sonoff derrière certains interrupteurs.

Pour les circuits simples, pas vraiment de problème.

Mais dans la maison, j'ai évidemment aussi des éclairages commandés depuis plusieurs endroits. Des bons vieux va-et-vient.

J'avais fait quelques recherches auparavant et la conclusion semblait plutôt rassurante : oui, il était possible d'intégrer un module Sonoff dans ce genre de circuit.

Parfait.

Enfin presque.

J'avais bien trouvé quelques discussions sur des forums, mais les explications avaient une curieuse tendance à devenir beaucoup plus compliquées que ce que le problème électrique semblait justifier.

Avec le recul, cela aurait peut-être dû m'interpeller.

Mais le jour où j'ai décidé de m'y attaquer, j'avais une arme supplémentaire.

L'intelligence artificielle.

Préparons ça correctement

Je connaissais le fonctionnement de mon va-et-vient et j'avais une idée assez claire de ce qui se trouvait derrière mes interrupteurs.

J'ai donc décrit le circuit à une IA et lui ai demandé de me préparer le câblage du module.

L'objectif était justement de ne pas improviser devant la boîte d'encastrement.

Quelques explications plus tard, j'avais mon schéma.

Me voilà donc avec mes tournevis, quelques morceaux de câble, des Wago, mon Sonoff et la ferme intention de faire quelque chose de propre.

Évidemment, les premières minutes m'ont rappelé une règle assez universelle : entre le schéma que l'on a en tête et ce que l'on trouve réellement derrière un interrupteur qui est là depuis des années, il existe parfois une petite différence.

La phase que j'avais identifiée n'était finalement pas exploitable à cet endroit.

Quelques vérifications plus tard, je me suis rendu compte que je n'étais simplement pas du bon côté du va-et-vient.

Bon.

Ça, c'était pour moi.

Une fois les fils correctement identifiés, je pouvais enfin appliquer le fameux schéma.

Ça fonctionne !

Enfin...

Le module démarre.

Home Assistant le voit.

Je peux allumer et éteindre la lampe depuis Home Assistant.

Victoire ?

Pas vraiment.

Les interrupteurs physiques, eux, semblent désormais avoir développé leur propre interprétation du concept d'éclairage.

Selon leur position, certaines choses fonctionnent. D'autres beaucoup moins.

Bref : quelque chose cloche.

Mon premier réflexe est évidemment de supposer que je me suis trompé.

Je vérifie donc mon câblage.

Puis encore une fois.

Mais non.

J'ai bien câblé ce que le schéma me demandait de câbler.

Le problème pourrait donc venir du schéma lui-même.

Demandons à quelqu'un d'autre

À ce stade, j'aurais pu reprendre le problème depuis le début.

Mais puisqu'une IA peut se tromper, pourquoi ne pas demander un second avis à une autre IA ?

Après tout, c'est aussi une manière assez classique de vérifier une information.

Je lui redonne donc le problème sans lui fournir la réponse de la première.

Et j'obtiens...

Un autre schéma.

Très bien.

Il n'y a pourtant pas cinquante fils dans un va-et-vient, mais entre le câblage existant, le premier schéma, le second, les Wago et l'espace particulièrement généreux offert par une boîte d'encastrement, mon cerveau commence doucement à ressembler au contenu de celle-ci.

Je reprends néanmoins tout calmement et applique le nouveau câblage.

Résultat ?

Encore pire.

Pas de court-circuit, rien de spectaculaire.

Le module est alimenté.

Mais cette fois, l'ensemble ne semble même plus fonctionner correctement.

Formidable.

2ai 1source 2answers

Retour à la case départ

À ce moment-là, j'ai fait ce que j'aurais probablement dû faire un peu plus tôt.

J'ai tout retiré et remis le circuit dans son état initial.

La lampe fonctionne.

Les interrupteurs fonctionnent.

Personne n'est mort.

On peut recommencer à réfléchir.

Papier, crayon.

Et surtout : oublier pendant quelques minutes les schémas que l'on vient de me fournir.

Un module de ce type ne possède finalement pas des dizaines de connexions.

Il y a l'alimentation, la sortie vers la lampe...

...et ces fameuses entrées destinées aux interrupteurs.

S1 et S2.

Le problème devait forcément se trouver là.

Mais que font réellement S1 et S2 ?

C'est à ce moment que l'histoire devient intéressante.

Parce qu'on pourrait naïvement imaginer que deux entrées destinées à raccorder un interrupteur sont simplement... deux entrées destinées à raccorder un interrupteur.

Sauf que leur comportement dépend notamment du module et de la manière dont on souhaite utiliser les commandes physiques.

Je retourne donc vers la documentation Sonoff.

Et je trouve des schémas.

Des cas d'utilisation.

Des exemples.

Certains ressemblent d'ailleurs assez fortement à ce que les IA m'avaient proposé.

Mais plus je regarde cette documentation, moins j'ai l'impression qu'elle répond à la question que je suis réellement en train de me poser :

quel est le principe de fonctionnement de ces entrées et, dans mon cas précis, qu'est-ce que je dois réellement leur présenter ?

Je poursuis les recherches.

Forums.

Discussions.

Autres schémas.

Beaucoup de gens parlent de ces modules.

Beaucoup expliquent comment ils les ont raccordés.

Et étrangement, quelque chose qui devrait être relativement simple continue à produire des explications parfois incroyablement compliquées.

Jusqu'à ce que je tombe sur un site australien relativement discret.

Quelques schémas.

Différents modules.

Différentes situations.

Et soudain...

Ah.

C'était donc ça

Le schéma correspondant à mon cas rend enfin le principe évident.

Dans mon installation, le va-et-vient peut continuer à faire ce qu'il faisait déjà : faire circuler la phase selon la position des interrupteurs.

Et c'est son résultat qui vient piloter l'entrée adéquate du module.

Dit comme ça, cela paraît presque trivial.

Je retourne devant mon interrupteur.

Quelques fils.

Quelques Wago.

Je raccorde le tout selon cette logique.

Bim.

Home Assistant commande la lampe.

Un interrupteur fonctionne.

L'autre aussi.

Le va-et-vient se comporte comme avant.

Et le module fait exactement ce que j'attendais de lui.

Problème résolu.

Mais évidemment...

une autre question venait de faire son apparition.

Comment deux IA peuvent-elles se tromper sur un truc pareil ?

La réponse facile serait :

parce que les IA racontent n'importe quoi.

Sauf que je ne pense pas que ce soit une réponse particulièrement intéressante.

Oui, une IA peut se tromper.

Elle ne prétend d'ailleurs pas le contraire.

Moi aussi, je m'étais trompé au début de cette histoire en cherchant ma phase au mauvais endroit.

Ce qui m'intéresse davantage, c'est de comprendre pourquoi elle a pu se tromper.

Et dans ce cas-ci, j'ai une hypothèse.

La documentation officielle montre plusieurs scénarios sans toujours rendre évident le principe qui se cache derrière.

Le comportement des entrées S1 et S2 n'est pas nécessairement identique selon les modules et leur configuration.

Les forums mélangent modèles, types d'interrupteurs, modes de fonctionnement, variantes de câblage et terminologie.

Ajoutons probablement quelques erreurs au passage.

Et au milieu de tout cela, on demande à une IA de consolider l'information et de nous fournir une réponse.

Le résultat peut être extrêmement convaincant.

Structuré.

Argumenté.

Accompagné d'un joli schéma.

Et faux.

Deux avis indépendants ?

C'est aussi là que ma deuxième tentative devient intéressante.

Lorsque la première IA m'a fourni une solution qui ne fonctionnait pas, j'ai demandé son avis à une autre.

Cela ressemblait à une vérification indépendante.

Mais l'était-ce réellement ?

Les deux modèles ont très bien pu construire leur réponse à partir du même écosystème d'information : documentation constructeur, forums, articles, discussions et autres contenus disponibles en ligne.

Deux IA qui donnent deux réponses ne sont donc pas nécessairement l'équivalent de deux électriciens qui examinent indépendamment une installation.

Et multiplier les réponses ne garantit pas que l'une d'elles soit correcte.

Parfois, on ne fait que multiplier les manières de consolider la même confusion.

Alors, peut-on encore faire confiance à une IA ?

Pour moi, la question est mal posée.

Je n'attends pas d'une IA qu'elle soit infaillible.

Je lui demande de m'aider à chercher, à structurer un problème, à confronter des hypothèses, à trouver des pistes auxquelles je n'aurais peut-être pas pensé.

Et elle est remarquablement efficace pour cela.

Mais cela ne dispense pas d'utiliser un autre outil.

Celui qui se trouve entre nos deux oreilles.

Je n'utilise certainement pas toujours l'IA de manière optimale. J'essaie simplement de faire en sorte qu'elle m'aide à réfléchir plutôt que de devenir un simple actionneur de commandes.

Et parfois, la relation fonctionne dans les deux sens.

L'IA m'apporte des connaissances, des pistes et une capacité de synthèse dont je serais bien incapable seul.

Mais je peux également lui apporter une observation qui ne colle pas à son modèle, une information qu'elle n'avait pas prise en compte ou simplement lui dire :

« Non. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Reprenons. »

Ce n'est pas un défaut du système.

C'est probablement une assez bonne manière de l'utiliser.

Et les Wago dans tout ça ?

Ils vont bien.

Merci pour eux.

Et maintenant que j'ai enfin compris comment fonctionne réellement ce câblage, il ne me reste évidemment plus qu'une chose à faire :

le documenter correctement.

Parce que quelque part, quelqu'un finira probablement lui aussi devant une boîte d'encastrement, un Sonoff à la main, en se demandant :

« Mais qu'est-ce que je suis censé foutre sur S1 et S2 ? »

Et ça, ce sera probablement le sujet d'un autre Short.

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