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Domotiser ses interrupteurs avec des modules SONOFF

Ajouter un module SONOFF derrière un interrupteur paraît simple… jusqu’au premier va-et-vient. Entre phase permanente, retour lampe, navettes, neutre, S1, S2 et modèles aux comportements différents, mieux vaut comprendre le circuit avant de commencer à déplacer des fils. Cet article reprend les principaux cas pas à pas, avec les schémas et les pièges que j’aurais aimé trouver en me lançant.

Domotiser ses interrupteurs avec des modules SONOFF

Sur le papier, ajouter un module SONOFF derrière un interrupteur semblait assez simple.

Une arrivée de phase, une lampe, un interrupteur, quelques bornes sur le module. On insère le SONOFF dans le circuit, on raccorde l'interrupteur à son entrée de commande et l'affaire est réglée.

Du moins, c'est ce que je pensais.

Je me suis assez rapidement retrouvé confronté à un va-et-vient et, comme je voulais préparer correctement l'installation avant de commencer à démonter quoi que ce soit, j'ai cherché des schémas de câblage. Il y en avait. Beaucoup, même.

Le problème, c'est qu'ils ne racontaient pas tous exactement la même chose.

S1, S2, phase permanente, navettes, modules avec ou sans neutre... certaines explications semblaient se contredire et, pour clarifier tout cela, j'ai même demandé à des IA de me préparer le câblage correspondant précisément à mon installation.

On verra que ce n'était pas nécessairement une excellente idée.

Mais surtout, en essayant de comprendre pourquoi quelque chose d'aussi banal devenait soudain aussi confus, j'ai fini par découvrir que le problème ne concernait même pas uniquement les va-et-vient. Selon le modèle SONOFF utilisé, la manière de raccorder l'interrupteur lui-même pouvait différer.

Même le cas qui semblait le plus évident --- un interrupteur, une lampe, un module --- méritait finalement qu'on regarde d'un peu plus près ce qui se passe derrière les bornes.

Alors autant reprendre tout cela depuis le début.

De quoi parle-t-on exactement ?

Avant de parler de modules connectés, de S1, de S2 ou de Home Assistant, il faut commencer par le circuit que l'on cherche à modifier.

Dans une installation domestique classique, lorsqu'un même éclairage doit être commandé depuis plusieurs endroits à l'aide d'interrupteurs à bascule, on rencontre essentiellement trois mécanismes.

Le premier est l'interrupteur simple : un point de commande pour un point lumineux.

Avec deux points de commande, on utilise deux va-et-vient. La phase arrive sur le premier, deux conducteurs --- les fameuses navettes --- relient les deux mécanismes, et le second envoie la phase commandée vers la lampe.

Avec trois points de commande, on retrouve toujours les deux va-et-vient aux extrémités, mais on insère entre eux un permutateur. Celui-ci croise ou non les deux navettes.

Et si trois interrupteurs ne suffisent toujours pas, on poursuit sur le même principe en ajoutant d'autres permutateurs entre les deux va-et-vient.

On obtient donc, pour n points de commande avec n > 2 :

2 va-et-vient + (n - 2) permutateurs

Schema Traditionnel Lampe Fr
Schémas de câblage d'une lampe avec un ou plusieurs interrupteurs

C'est cette famille de circuits que je vais traiter ici.

Il existe évidemment d'autres façons de commander un éclairage depuis plusieurs endroits. Les boutons-poussoirs associés à un télérupteur, par exemple, fonctionnent suivant une logique complètement différente.

Ils ne sont pas plus ou moins adaptés à la domotique. Ils posent simplement un autre problème.

Et comme celui-ci m'a déjà occupé suffisamment longtemps, on va éviter de lui ajouter des cousins.

Avant de domotiser, comprendre ce qui est déjà là

À ce stade, on pourrait être tenté de choisir son module SONOFF, de regarder son schéma de raccordement et de commencer à déplacer des fils.

C'est plus ou moins comme cela que j'avais abordé le problème.

Avec le recul, je commencerais exactement dans l'autre sens.

Le module vient après le circuit existant.

La première chose à déterminer est donc ce qui se trouve réellement dans le blochet :

  • quel conducteur apporte la phase permanente ;
  • lequel repart vers la lampe ;
  • quels conducteurs sont les navettes ;
  • si un neutre est disponible ;
  • et où se trouvent ces différents conducteurs dans le circuit.

Dans le cas d'un simple interrupteur, la situation est généralement assez lisible : on retrouve au même endroit la phase permanente et le conducteur qui repart vers la lampe.

Avec un va-et-vient, c'est déjà différent.

La phase permanente arrive normalement au premier va-et-vient, tandis que le conducteur qui repart vers la lampe se trouve sur le dernier.

Autrement dit, les deux choses dont notre futur module aura besoin ne sont justement pas au même endroit.

Mais avant de sortir le tournevis, il reste une règle légèrement plus importante que toutes les autres.

Regardons maintenant ce qu'il y a dans le blochet

Le courant est coupé, l'absence de tension vérifiée, on peut commencer à regarder ce que l'on a réellement devant soi.

Et c'est probablement le bon moment pour adopter quelques outils que les professionnels ont généralement le bon sens d'utiliser, mais que l'électricien du dimanche peut être tenté de laisser de côté :

papier, crayon et gomme.

Avant de modifier quoi que ce soit, je trouve maintenant très utile de dessiner rapidement le circuit tel que je le comprends. Pas besoin d'un schéma électrique digne d'un bureau d'études : quelques traits, la position des interrupteurs, les conducteurs qui arrivent et ceux dont on pense connaître la fonction suffisent largement.

On note ce qui est certain, ce qui a été mesuré et ce qui reste encore une hypothèse.

Et la gomme n'est pas là pour faire joli.

Dans une phase exploratoire, il est assez fréquent que ce que l'on croyait avoir compris cinq minutes plus tôt mérite finalement une petite correction.

Le smartphone est l'autre outil particulièrement pratique. Avant de débrancher le premier conducteur, je prends une photo du câblage existant. Quelques photos intermédiaires ne coûtent rien non plus si le démontage devient plus complexe.

Un conducteur qui semblait parfaitement évident lorsqu'il était encore raccordé peut devenir beaucoup moins bavard une fois qu'il se retrouve au milieu de cinq autres fils au fond du blochet.

À ce stade, le but n'est donc pas encore de dessiner ce que l'installation devrait être.

On construit simplement une carte de ce qu'on est en train de découvrir.

Les couleurs donnent des indices, pas des certitudes

Évidemment, la couleur des conducteurs aide énormément.

Lorsqu'on découvre un fil bleu, la première réaction est assez naturellement :

Chouette, un neutre.

C'est en tout cas exactement ce que je me suis dit devant l'un de mes interrupteurs.

Et la présence d'un neutre était plutôt une bonne nouvelle, puisqu'elle ouvrait la porte à davantage de modules.

Sauf que le multimètre n'était visiblement pas du même avis.

Les mesures que j'obtenais étaient étranges, variables et ne correspondaient pas vraiment à ce que j'attendais d'un neutre.

J'ai donc cherché un peu plus loin.

En suivant le câble et en ouvrant un autre blochet, j'ai fini par retrouver son autre extrémité.

Elle n'était raccordée à rien.

Mon magnifique fil bleu n'était donc pas un neutre. C'était simplement un conducteur bleu flottant.

Les valeurs étranges observées au multimètre devenaient par la même occasion beaucoup moins mystérieuses : avec son impédance d'entrée élevée, un multimètre numérique peut parfaitement afficher une tension induite ou capacitive sur un conducteur qui n'est relié à rien.

Cela ne signifie d'ailleurs pas qu'une tension étrange prouve qu'un conducteur est flottant. Elle signifie surtout qu'il faut continuer à chercher.

Dans mon cas, la vérification de l'autre extrémité a apporté la réponse.

Et je n'en veux absolument pas à l'électricien qui a réalisé l'installation. Elle est au contraire propre et logique, ce qui m'a déjà facilité la vie à de nombreuses reprises. Il avait probablement prévu quelque chose, puis le projet a évolué et ce câble n'a finalement jamais été utilisé.

Situation que je serais assez mal placé pour critiquer.

Le fil est toujours là.

Je pourrais en avoir besoin un jour.

La règle que j'en ai retenue est donc assez simple :

La couleur permet de formuler une hypothèse. La mesure permet de la vérifier. Une mesure incohérente mérite une investigation, pas une conclusion improvisée.

Ou, pour le dire autrement :

Un fil de la bonne couleur n'est pas encore un neutre. C'est juste un fil de la bonne couleur.

Ce que nous cherchons réellement

Une fois le premier relevé effectué, il faut identifier quelques éléments précis :

  • le retour lampe, c'est-à-dire le conducteur qui part du dernier mécanisme vers le luminaire ;
  • la phase permanente, qui devra alimenter le module ;
  • le neutre, s'il est présent et si le module choisi en a besoin ;
  • les navettes dans le cas d'un va-et-vient ou d'un circuit comportant des permutateurs.

C'est important parce que notre module va changer la répartition des rôles.

Dans le circuit traditionnel, l'interrupteur ou le dernier va-et-vient envoie directement la phase vers la lampe.

Après modification, ce ne sera plus le cas.

C'est le SONOFF qui alimentera la lampe.

Le conducteur qui allait auparavant du dernier interrupteur vers la lampe sera donc raccordé à la sortie L Out du module.

Cela détermine directement l'endroit où nous allons installer le SONOFF :

le module doit prendre place du côté où se trouve le retour lampe.

Avec un interrupteur simple, cela ne pose guère de problème : la phase permanente et le retour lampe sont normalement disponibles dans le même blochet.

Avec un va-et-vient, en revanche, le retour lampe se trouve au dernier mécanisme tandis que la phase permanente arrive au premier.

Notre module est donc au bon endroit pour alimenter la lampe, mais il lui manque encore quelque chose d'assez essentiel pour fonctionner :

une phase permanente.

Heureusement, entre les deux extrémités, nous avons déjà quelques fils à notre disposition : les navettes.

Et nous allons justement pouvoir en réaffecter une.

Récupérer une phase permanente

Avec un interrupteur simple, la phase permanente arrive déjà dans le blochet et peut être repiquée pour alimenter L In du module.

Avec un va-et-vient, c'est moins immédiat.

Notre SONOFF doit se trouver du côté du retour lampe, donc au niveau du dernier va-et-vient. Mais la phase permanente arrive à l'autre extrémité du circuit.

On pourrait évidemment envisager de tirer un conducteur supplémentaire.

Heureusement, ce n'est normalement pas nécessaire.

Les deux va-et-vient sont déjà reliés par deux navettes. Puisque les interrupteurs ne vont plus directement alimenter la lampe, nous pouvons modifier légèrement leur rôle.

Une des deux navettes va continuer à participer à la commande.

L'autre va simplement transporter la phase permanente jusqu'au SONOFF.

Le choix de l'une ou de l'autre n'a pas d'importance. Il faut simplement être cohérent aux deux extrémités.

Du côté de l'arrivée de phase

Sur le premier va-et-vient, la phase permanente arrive sur la borne commune L.

Elle va y rester.

En revanche, une des deux navettes est retirée de sa borne et raccordée directement à cette même phase permanente.

On obtient donc deux départs depuis la phase :

  • un vers la borne L du premier va-et-vient ;
  • un vers l'ancienne navette que nous venons de réaffecter.

Ce raccordement peut être réalisé au moyen d'un Wago ou, lorsque le mécanisme et la situation le permettent, par un repiquage directement sur la borne de l'interrupteur.

Sur le papier, on peut avoir une préférence.

Dans le blochet, c'est parfois lui qui décide.

Notre ancienne navette ne commute désormais plus rien. Elle transporte en permanence la phase jusqu'à l'autre extrémité du circuit.

Du côté du retour lampe

Nous retrouvons cette ancienne navette dans le blochet où se trouve le SONOFF.

Elle est raccordée à :

L In

Le module dispose maintenant :

  • de sa phase permanente sur L In ;
  • de la lampe sur L Out ;
  • et, si le modèle l'exige, du neutre.

Le chemin qui alimente réellement la lampe devient alors très simple :

phase permanente → L In → SONOFF → L Out → lampe → neutre

Les interrupteurs ne se trouvent plus dans ce chemin.

Et c'est probablement le point le plus important à comprendre dans tout le montage.

Séparer puissance et commande

Dans le circuit d'origine, les interrupteurs faisaient partie du chemin emprunté par la phase vers la lampe.

Ils décidaient directement si celle-ci recevait ou non du courant.

Avec le SONOFF, ce rôle change.

C'est maintenant le relais du module qui décide si L In est envoyé vers L Out.

Les interrupteurs deviennent uniquement une commande du module.

On peut donc distinguer très clairement les deux fonctions :

Puissance :

L → L In → relais du SONOFF → L Out → lampe → N

Commande :

interrupteurs → entrée de commande du SONOFF

Et c'est précisément là que les bornes S1 et S2 vont entrer en scène.

Que devient l'autre navette ?

Nous n'en avons réaffecté qu'une.

La seconde reste raccordée entre les deux va-et-vient.

Sur le premier mécanisme, nous avons donc :

  • la phase permanente sur L ;
  • une borne de navette désormais inutilisée ;
  • l'autre navette toujours raccordée.

Sur le second :

  • cette même navette arrive toujours sur sa borne ;
  • l'autre borne de navette est désormais inutilisée ;
  • et la borne commune L, qui alimentait auparavant la lampe, est maintenant libre.

Lorsque l'on actionne l'un ou l'autre des interrupteurs, le circuit formé par les deux va-et-vient continue donc à changer d'état.

Il n'alimente simplement plus la lampe.

La sortie commune L du dernier va-et-vient peut désormais servir à informer le SONOFF de ce changement.

Et c'est là que j'avais initialement imaginé que les choses allaient enfin devenir simples.

Il suffisait de raccorder cette sortie à l'entrée de commande du module.

S1 ou S2.

Deux bornes.

Ça ne pouvait tout de même pas être bien compliqué.

Eh bien si.

S1, S2... et le début des ennuis

C'est probablement ici que la documentation m'a le plus dérouté.

En cherchant comment raccorder l'interrupteur, je trouvais des schémas utilisant S1, d'autres S2, des explications parlant de contact normalement ouvert et d'autres montages qui semblaient encore raconter autre chose.

Le problème n'était pas nécessairement que toutes ces informations étaient fausses.

Le problème était qu'elles ne parlaient pas toujours du même module SONOFF.

Et c'est une nuance assez facile à perdre lorsque plusieurs appareils présentent extérieurement des bornes portant exactement les mêmes noms.

J'avais naturellement supposé que S1 et S2 représentaient une interface de commande relativement uniforme dans la gamme.

Ce serait trop simple.

J'ai continué à chercher, en essayant surtout de trouver un schéma qui dise simplement : avec ce module et ce type d'interrupteur, branchez ceci ici.

Et j'ai fini par tomber, un peu par hasard, sur un site australien qui présentait plusieurs modules SONOFF et leurs différents cas de câblage avec des schémas beaucoup plus explicites.

Pas une longue explication. Pas une théorie compliquée.

Juste les quelques dessins qui me manquaient depuis le début.

En passant d'un module à l'autre, j'ai surtout fini par voir ce qui expliquait une bonne partie de ma confusion : la borne utilisée pour la commande n'était tout simplement pas la même sur tous les modèles.

Pour les modèles que j'ai finalement utilisés ou examinés pour cet article, voilà ce que cela donne :

Module Borne utilisée pour la commande
ZBMINIR2 S2
ZBMINI-L2 S2
MINI-ZBDIM S1
MINIR4M S2

Ce petit tableau résume finalement une information que j'aurais aimé trouver clairement présentée dès le départ.

Pour les montages à interrupteurs à bascule décrits ici, le principe de câblage ne change pas.

Le schéma ne change pas. La borne de commande, oui.

Passons aux cas concrets

Maintenant que nous savons ce que nous cherchons, les différents montages deviennent beaucoup plus faciles à lire.

Le principe reste toujours le même :

  • le SONOFF prend place du côté du retour lampe ;
  • ce retour lampe rejoint L Out ;
  • le module reçoit une phase permanente sur L In ;
  • les interrupteurs ne commandent plus directement la lampe ;
  • leur commande arrive sur S1 ou S2 selon le modèle utilisé.

Un seul interrupteur

Avec un interrupteur simple, nous avons généralement tout ce dont nous avons besoin dans le même blochet.

La phase permanente arrive sur l'interrupteur et le retour lampe en repart.

Le retour lampe est retiré de l'interrupteur et raccordé à L Out.

La phase permanente est repiquée pour alimenter L In.

L'interrupteur est ensuite raccordé à l'entrée de commande appropriée du module.

Si le modèle nécessite un neutre, celui-ci doit évidemment être disponible et raccordé au module.

On obtient donc deux chemins bien distincts :

Puissance :

L → L In → SONOFF → L Out → lampe → N

Commande :

L → interrupteur → S1/S2

Et c'est déjà ici qu'apparaît quelque chose qui m'avait échappé au début : même avec un simple interrupteur, il faut connaître le comportement du modèle utilisé pour savoir où raccorder cette commande.

Le va-et-vient n'était donc pas vraiment la source du problème.

Il avait simplement eu la bonne idée de me le faire découvrir.

Transition Sonoff 1switch Fr
Intégration d'un ZBMINIL2 pour un interrupteur simple

Deux interrupteurs : le va-et-vient

Avec deux points de commande, nous retrouvons le cas qui m'avait initialement envoyé chercher des réponses un peu partout.

Avant modification, la phase permanente arrive sur le commun du premier va-et-vient, deux navettes relient les mécanismes et le commun du second repart vers la lampe.

Pour ajouter le module, nous appliquons simplement ce que nous avons déjà vu.

Le SONOFF est installé du côté du retour lampe.

Une des deux navettes est réaffectée au transport de la phase permanente vers L In.

L'autre reste entre les deux interrupteurs.

Le commun du second va-et-vient devient notre commande et rejoint S2 dans le cas du ZBMINI-L2 utilisé dans le schéma.

Enfin, l'ancien retour lampe est raccordé à L Out.

Transition Sonoff 2switches Fr
Intégration d'un ZBMINIL2 avec deux interrupteurs va-et-vient

Électriquement, les interrupteurs ne font plus partie du circuit de puissance de la lampe.

Pourtant, du point de vue de la personne qui entre dans la pièce, rien n'a réellement changé.

Elle actionne n'importe lequel des deux interrupteurs et la lampe change d'état.

La différence est simplement que ce changement passe maintenant par le SONOFF.

Home Assistant peut allumer ou éteindre la lampe indépendamment de la position physique des interrupteurs. Lorsqu'on actionne ensuite l'un d'eux, le module détecte le changement de son entrée et inverse à nouveau l'état de la lampe.

Les positions physiques ne signifient donc plus nécessairement « allumé » ou « éteint ».

Elles n'en avaient d'ailleurs déjà pas vraiment la signification avec un va-et-vient.

Les interrupteurs indiquent qu'il faut changer d'état ; le SONOFF maintient l'état réel de la lampe.

Trois interrupteurs : ajoutons un permutateur

Avec trois points de commande, nous ajoutons simplement un permutateur entre les deux va-et-vient.

Dans le circuit traditionnel, il croise ou non les deux navettes.

Lorsqu'on ajoute le SONOFF, le principe reste le même.

Une des anciennes navettes sert à transporter la phase permanente jusqu'au module.

L'autre partie du circuit continue à produire les changements d'état utilisés comme commande.

Le permutateur reste donc dans le circuit de commande.

Transition Sonoff 3switches Fr
Intégration d'un ZBMINIL2 avec deux va-et-vient et un permutateur

C'est également ce qui permet d'étendre le principe à davantage de points de commande.

Quatre interrupteurs ?

Deux va-et-vient et deux permutateurs.

Cinq ?

Deux va-et-vient et trois permutateurs.

Et ainsi de suite.

Nous retrouvons notre formule de départ :

2 va-et-vient + (n - 2) permutateurs

Le nombre de points de commande augmente, mais le principe d'intégration du module ne change plus.

Quel module choisir ?

Maintenant que l'on sait comment intégrer le module dans le circuit, il reste une question assez évidente : lequel utiliser ?

Et la réponse n'est pas nécessairement :

celui que je préfère.

Dans certains cas, l'installation va largement choisir à notre place.

Les deux premières choses à regarder sont assez terre à terre :

  • est-ce qu'un neutre est disponible ?
  • est-ce que le module rentre physiquement dans le blochet ?

Ensuite seulement viennent les fonctions que l'on aimerait obtenir.

Avec ou sans neutre

Si le neutre est présent, on dispose généralement de davantage de possibilités.

Un module comme le ZBMINIR2 peut être alimenté directement entre phase et neutre.

Si aucun neutre n'est disponible, un module comme le ZBMINI-L2 devient particulièrement intéressant puisqu'il est justement conçu pour fonctionner sans.

Dans beaucoup de cas, ce sera tout simplement le choix le plus pragmatique.

Mais il peut arriver que la fonction recherchée impose autre chose.

Prenons le cas d'un éclairage que l'on souhaite absolument pouvoir faire varier. Le MINI-ZBDIM, par exemple, nécessite un neutre.

Si celui-ci n'est pas disponible dans le blochet, deux possibilités apparaissent :

renoncer à cette fonction ou amener un neutre.

Techniquement, tirer un neutre supplémentaire peut évidemment être possible.

Dans la pratique, on quitte alors rapidement le petit travail consistant à ajouter un module derrière un interrupteur. Il faut comprendre le cheminement des gaines, vérifier si un conducteur supplémentaire peut y passer, éventuellement intervenir dans d'autres boîtes ou points de raccordement...

Bref, cela peut se faire.

Mais ce n'est plus nécessairement le même projet du dimanche après-midi.

Et puis il faut que ça rentre

Le deuxième critère est beaucoup moins électrique, mais tout aussi réel :

la place.

Un schéma électrique possède cette propriété merveilleuse que les fils n'y prennent aucune place.

Un blochet, si.

Il faut y faire rentrer le module, le mécanisme de l'interrupteur, les conducteurs existants, les nouveaux raccordements et éventuellement quelques Wago.

Et les modules SONOFF n'ont pas tous les mêmes dimensions.

Un ZBMINI-L2 est sensiblement plus compact qu'un ZBMINIR2 ou qu'un MINI-ZBDIM. Quelques millimètres de différence peuvent sembler anecdotiques lorsqu'on regarde les modules posés sur une table.

Derrière un interrupteur déjà entouré de conducteurs, ils peuvent faire toute la différence.

C'est donc un point à vérifier avant l'achat, surtout si le blochet semble déjà bien rempli.

Et il faut penser au volume dans son ensemble. Un module plus petit accompagné de trois Wago et de six morceaux de conducteur n'est pas forcément plus facile à loger qu'une autre solution utilisant moins de raccordements.

Une nouvelle fois :

le blochet décide parfois.

Pas de place ? Ce n'est pas forcément terminé

Il existe enfin le cas où, même après avoir regardé le problème sous tous les angles et négocié fermement avec les conducteurs, la conclusion reste la même :

ça ne rentre pas.

Cela ne signifie pas nécessairement qu'il faut abandonner la domotisation de cet éclairage.

Plutôt que d'ajouter un module derrière le mécanisme existant, on peut remplacer celui-ci par un interrupteur connecté intégrant directement l'électronique.

On supprime alors l'empilement :

interrupteur traditionnel + module derrière

au profit d'un seul appareil.

Ce type de solution peut être nettement plus facile à loger dans un blochet peu profond ou particulièrement encombré.

Évidemment, on remplace alors le mécanisme existant. L'aspect, les dimensions, la compatibilité avec les plaques et appareillages présents dans la maison ou simplement le toucher de l'interrupteur deviennent eux aussi des critères.

Il n'y a donc pas une solution universellement meilleure.

Il y a surtout celle qui rentre, qui offre les fonctions recherchées et qui reste cohérente avec l'installation existante.

Quelques modèles représentatifs

Je ne vais pas transformer cette partie en catalogue SONOFF. La gamme évolue et, surtout, le but de cet article est de comprendre comment choisir plutôt que de désigner un vainqueur.

Les modules que j'ai utilisés ou examinés couvrent cependant assez bien les situations rencontrées :


Module Neutre Particularité


ZBMINI-L2 Non Très compact, intéressant lorsqu'aucun neutre n'est disponible

ZBMINIR2 Oui Module Zigbee avec neutre

MINI-ZBDIM Oui Variation d'éclairage

MINIR4M Oui Matter plutôt que Zigbee

Au début, j'avais tendance à choisir le module puis à chercher comment l'installer.

Je ferais maintenant plutôt l'inverse : regarder ce que l'installation permet, puis choisir le module qui lui correspond.

Préparer l'installation

À ce stade, nous savons normalement ce que contient notre blochet, où le module doit prendre place et quel modèle utiliser.

Avant de débrancher quoi que ce soit, je dessine le circuit existant puis, à côté, le circuit que je veux obtenir. Cela permet de déterminer à l'avance quels conducteurs vont changer de fonction et quels raccordements devront être ajoutés.

Une nouvelle photo avant de commencer n'est pas superflue non plus.

L'objectif est simple : une fois le premier fil débranché, ne plus avoir à se demander où il était avant.

Le matériel

Il ne faut finalement pas énormément de choses, mais mieux vaut les avoir sous la main avant de commencer :

  • des tournevis isolés adaptés ;
  • une pince à dénuder et éventuellement un cutter ;
  • un appareil permettant de vérifier correctement la présence ou l'absence de tension ;
  • un multimètre si des mesures complémentaires sont nécessaires ;
  • quelques morceaux de conducteur de même section que le circuit existant --- généralement 1,5 mm² pour l'éclairage ;
  • quelques Wago, notamment à 2, 3 et éventuellement 5 conducteurs ;
  • de quoi identifier temporairement un conducteur si nécessaire ;
  • papier, crayon et gomme ;
  • un smartphone pour les photos et les notes ;
  • une petite lampe frontale --- particulièrement pratique lorsqu'on travaille précisément sur le circuit qui alimentait la lumière de la pièce.

Les Wago, mais pas forcément partout

Les Wago sont devenus pour moi pratiquement indispensables pour ce genre de modifications.

Ils permettent de réaliser facilement un repiquage propre, d'ajouter un conducteur ou de réunir plusieurs fils sans revenir aux anciens raccords à vis qui peuvent se desserrer ou être mal serrés.

J'en ai donc quelques-uns en réserve.

Enfin... « quelques-uns » est une notion assez subjective.

Wago Box
L'indispensable assortiment de Wago...

Un stock raisonnablement dimensionné de Wago. Toute appréciation contraire relève manifestement d'une mauvaise évaluation des besoins.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il faut absolument placer un Wago à chaque raccordement.

Si une borne du mécanisme est prévue pour recevoir les conducteurs concernés et que le raccordement reste propre, un repiquage peut parfaitement y être réalisé. À l'inverse, lorsque la borne est déjà occupée ou qu'il faut réunir davantage de conducteurs, le Wago devient souvent la solution la plus évidente.

Et il reste notre problème récurrent : la place.

Ajouter un Wago signifie aussi ajouter son volume et celui des conducteurs qui vont avec.

Sur le papier, on peut avoir une préférence.

Dans le blochet, c'est parfois lui qui décide.

Câbler et tester par étapes

Pour une première installation, je trouve préférable de procéder par étapes plutôt que de modifier l'ensemble du circuit et de ne remettre le courant qu'une fois tout terminé.

Commençons par la partie la plus facile à isoler : le module et la lampe.

Le retour lampe est raccordé à L Out.

La phase permanente est amenée à L In.

Si le module nécessite un neutre, celui-ci est également raccordé.

À ce stade, la partie puissance est complète :

phase permanente → L In → SONOFF → L Out → lampe → neutre

Après avoir contrôlé le câblage et sécurisé les conducteurs, on peut remettre temporairement l'alimentation.

Le module doit démarrer et il est déjà possible de vérifier qu'il commande correctement la lampe.

Autant l'appairer maintenant

Les modules Zigbee SONOFF que nous utilisons ici entrent normalement automatiquement en mode appairage lors de leur première mise sous tension.

Pour les ZBMINIR2, ZBMINI-L2 et MINI-ZBDIM, cette fenêtre dure environ trois minutes.

Il suffit donc d'autoriser l'ajout d'un appareil sur le réseau Zigbee et de laisser le module rejoindre celui-ci.

Si les trois minutes sont passées pendant que l'on cherchait pourquoi quelque chose ne répondait pas comme prévu --- hypothèse totalement théorique, bien entendu --- un appui prolongé d'environ cinq secondes sur le bouton permet de relancer l'appairage.

Une fois le module présent dans Home Assistant, on peut déjà tester la commande de la lampe.

Si elle s'allume et s'éteint correctement, nous venons de valider toute la chaîne de puissance indépendamment des interrupteurs.

On coupe alors à nouveau l'alimentation avant de poursuivre le câblage.

C'est également pour cette raison que je déconseille de remonter immédiatement le mécanisme.

Le petit bouton permettant de remettre le module en appairage est beaucoup moins pratique lorsqu'il se trouve quelques centimètres derrière un interrupteur fraîchement remonté.

Le cas du MINIR4M

Le MINIR4M fait un peu bande à part dans notre sélection.

Le principe électrique reste le même et sa commande utilise S2, mais son intégration domotique se fait via Matter, pas via Zigbee.

Sa fenêtre initiale d'appairage est également plus longue --- environ dix minutes --- et un appui prolongé de cinq secondes permet de relancer le mode d'appairage.

Je n'irai pas plus loin ici dans la procédure Matter.

Ce serait une excellente manière de transformer trois lignes en un autre article.

Raccorder maintenant les interrupteurs

La partie puissance fonctionne.

Nous pouvons donc terminer le circuit de commande.

Avec notre ZBMINI-L2, la sortie du dernier interrupteur est raccordée à S2.

Avec un modèle utilisant S1, c'est évidemment cette borne que nous utiliserons à la place.

Un dernier contrôle : le mode Edge

Avant de tester les interrupteurs, il reste un paramètre qu'il vaut la peine de vérifier : le mode de déclenchement de l'entrée externe du module.

Pour les interrupteurs à bascule utilisés dans les montages décrits ici, le mode qui nous intéresse est Edge. Le module réagit alors à chaque changement d'état de son entrée de commande, indépendamment de la position physique de l'interrupteur.

C'est précisément le comportement que nous recherchons : l'interrupteur indique qu'il faut changer d'état, tandis que le SONOFF conserve l'état réel de la lampe.

Dans Home Assistant, ce réglage est accessible dans les expositions du module :

Expositions → External trigger mode → Edge

Le nom ou l'emplacement de ce paramètre peut varier suivant la solution domotique utilisée : ce réglage concerne le fonctionnement du module SONOFF, pas Home Assistant lui-même.

Avec le MINI-ZBDIM et le ZBMINIR2, vérifiez donc que l'External trigger mode est bien réglé sur Edge. Je ne me souviens plus si ce mode était déjà sélectionné par défaut lors de mes installations, mais c'est précisément le genre de détail qu'il vaut mieux contrôler avant de commencer à chercher une erreur dans le câblage.

Le ZBMINI-L2, en revanche, ne nécessite pas ce réglage dans le montage décrit ici.

Profitez d'ailleurs de ce premier passage dans la configuration pour jeter un œil aux autres paramètres exposés par le module. Il n'est pas nécessaire de tout modifier --- loin de là --- mais savoir ce qui est configurable permet parfois d'éviter quelques recherches inutiles plus tard.

Tester toutes les commandes

On remet temporairement le courant et, cette fois, on teste chaque point de commande physique.

Pas uniquement celui qui se trouve devant nous.

Dans un circuit comportant deux va-et-vient et un permutateur, par exemple, les trois doivent provoquer correctement un changement d'état de la lampe.

On teste également la commande depuis Home Assistant, puis à nouveau les interrupteurs physiques après avoir modifié l'état depuis Home Assistant.

C'est ce dernier test qui permet de vérifier le comportement que nous recherchons réellement :

Home Assistant peut modifier l'état de la lampe, mais les interrupteurs physiques continuent à fonctionner normalement au prochain basculement.

Une fois tout cela validé, coupez à nouveau l'alimentation avant de commencer le remontage.

Tout fonctionne. Il faut encore que ça rentre.

Il reste une dernière étape très concrète : remettre tout ce petit monde dans le blochet.

L'objectif n'est évidemment pas de pousser le module au fond et de comprimer les conducteurs jusqu'à ce que l'interrupteur accepte de rentrer.

Il vaut mieux prendre quelques minutes pour organiser les fils, positionner les Wago et chercher la place la plus naturelle pour le module.

Les conducteurs peuvent être repliés progressivement plutôt que tassés en boule derrière le mécanisme. Il faut également éviter qu'un raccordement soit mis en traction ou qu'un conducteur soit fortement pincé lorsque l'on remet l'interrupteur en place.

C'est aussi un bon moment pour vérifier une dernière fois que chaque conducteur est correctement engagé dans sa borne et que les Wago sont bien verrouillés.

Et si malgré tout cela le mécanisme refuse obstinément de reprendre sa place, inutile de sortir un plus gros tournevis pour le convaincre.

Le problème n'est peut-être plus le rangement, mais simplement la place disponible.

Une fois le mécanisme remonté, on remet le circuit sous tension et on effectue un dernier test complet : commande locale depuis chaque interrupteur et commande depuis Home Assistant.

Cette fois, normalement, on peut refermer la caisse à outils.

Enfin... presque.

Un dernier cas un peu particulier : l'interrupteur bipolaire

Tout ce que nous avons vu jusqu'ici concernait des interrupteurs qui coupent ou commutent un seul conducteur, en pratique la phase.

En Belgique, on peut également rencontrer des interrupteurs bipolaires.

Un interrupteur bipolaire coupe simultanément la phase et le neutre.

Son utilisation est notamment liée aux prescriptions applicables à certaines situations dans les locaux contenant une baignoire ou une douche, à la position de l'appareillage par rapport aux points d'eau, mais aussi à certains circuits alimentant des points lumineux extérieurs.

C'est donc un type d'interrupteur que l'on peut parfaitement rencontrer dans une installation domestique actuelle, sans que sa présence soit liée à l'âge de celle-ci.

Et lorsque j'ai commencé à regarder comment intégrer un SONOFF dans ce cas, je me suis retrouvé devant un problème assez simple : parmi les modules dont nous avons parlé ici, je n'en ai pas trouvé qui permette de conserver directement cette commande bipolaire.

Techniquement, on peut le rendre unipolaire

Puisque phase et neutre arrivent tous les deux au mécanisme, il est techniquement assez simple de transformer le circuit.

Le neutre ne passe plus par l'interrupteur : les deux conducteurs neutres qui y étaient raccordés sont réunis directement --- typiquement avec un Wago.

L'interrupteur ne commande alors plus que la phase et le circuit peut être traité suivant les mêmes principes que ceux décrits précédemment.

Il y a même, pour une fois, une bonne nouvelle immédiate :

si vous avez un interrupteur bipolaire, vous savez au moins que le neutre est présent dans le blochet.

Après notre fil bleu qui n'en était pas un, ça mérite presque d'être signalé.

Mais ce n'est pas une modification anodine

Électriquement, le montage fonctionnera.

Mais nous venons aussi de modifier une caractéristique de l'installation :

l'interrupteur ne coupe plus simultanément la phase et le neutre.

Et cette double coupure n'était pas nécessairement là par hasard.

Transformer un circuit bipolaire en circuit unipolaire ne doit donc pas être considéré comme une simple astuce de câblage.

Dans mon cas, ce sera donc une situation que je traiterai au cas par cas plutôt que d'appliquer automatiquement la transformation.

Parce qu'après avoir passé tout cet article à expliquer qu'il faut commencer par comprendre l'installation avant de la modifier, ce serait quand même dommage de changer de méthode dans les trois derniers paragraphes.

Et maintenant, le bêtisier

À ce stade, tout cela paraît presque logique.

On identifie le circuit, on trouve le retour lampe, on amène une phase permanente au module, on raccorde la commande sur la bonne borne et ça fonctionne.

Ce serait cependant une manière assez peu fidèle de raconter comment j'en suis arrivé là.

Lors de ma première tentative, le câblage exact des entrées S1 et S2 restait suffisamment obscur pour que je cherche un peu d'aide.

Et puisque nous vivons une époque formidable, j'ai demandé à une IA de me préparer le schéma correspondant à mon installation.

Le schéma était propre.

L'explication était convaincante.

J'ai câblé.

Le module fonctionnait parfaitement depuis Home Assistant.

Les interrupteurs physiques, beaucoup moins.

Premier réflexe assez naturel : j'avais dû me tromper quelque part.

J'ai donc vérifié mon câblage, puis vérifié à nouveau.

Il correspondait bien au schéma.

Le problème pouvait donc venir du schéma.

Demandons à une autre IA

Plutôt que de continuer à discuter avec la première, j'ai décidé de demander un second avis.

Une autre IA, le même problème, les mêmes informations et aucune indication sur la solution proposée précédemment.

L'idée était plutôt saine : obtenir une réponse indépendante et voir si les deux convergeaient.

Elles n'ont pas convergé.

La seconde IA m'a proposé un autre câblage.

Il semblait lui aussi parfaitement plausible.

Je l'ai réalisé soigneusement.

C'était pire.

Pas de court-circuit, rien de spectaculaire, mais le module ne se comportait clairement pas comme prévu.

À ce moment-là, j'avais donc à ma disposition :

deux IA, deux schémas différents et toujours aucun va-et-vient qui fonctionnait correctement.

J'ai remis le circuit dans son état initial.

Et j'ai ressorti le papier et le crayon.

Retour aux faits

C'est en reprenant le problème à partir du circuit lui-même que les choses ont commencé à s'éclaircir.

Que fait le va-et-vient ?

De quoi le module a-t-il réellement besoin ?

Quel conducteur alimente la lampe ?

Que représentent exactement S1 et S2 sur ce modèle précis ?

En poursuivant mes recherches, j'ai finalement trouvé les schémas du site australien dont nous avons parlé plus haut.

Quelques traits correctement placés ont fait ce que plusieurs longues explications n'avaient pas réussi à faire.

J'ai recâblé.

Bim. Ça fonctionnait.

Et cette petite aventure aurait parfaitement pu s'arrêter là.

Sauf que quelques mois plus tard, j'ai décidé d'écrire cet article.

On va quand même faire de beaux schémas

Mes dessins permettaient de comprendre le circuit, mais pour les publier sur GREY/WIRED, j'avais envie de quelque chose d'un peu plus propre.

J'ai donc eu une idée remarquable :

demander à une IA de les redessiner.

AI Electrical Challenge
Fausse bonne idée — Le Retour

Après tout, cette fois, il n'y avait même plus de problème électrique à résoudre. Le schéma était terminé et correct. Il suffisait de le reproduire proprement.

Ça devait être facile.

Nous avons eu un neutre qui devenait une terre, des conducteurs qui changeaient discrètement de borne, des raccordements qui apparaissaient ou disparaissaient et quelques interprétations particulièrement inventives des connexions du SONOFF.

Le plus fascinant était que certains résultats étaient visuellement très convaincants.

À première vue, beau schéma électrique.

À deuxième vue, surtout ne pas sortir les Wago.

Le problème est finalement assez intéressant : pour une IA générative d'images, déplacer légèrement une ligne peut être une imperfection graphique relativement mineure.

Dans un schéma électrique, déplacer une connexion peut changer complètement le circuit.

Après plusieurs tentatives, nous avons donc fini par découvrir une méthode remarquablement fiable pour obtenir un schéma électrique correct avec une IA :

je dessine le schéma moi-même et je lui demande de ne surtout pas y toucher.

Elle peut s'occuper du cadre, du titre et de la mise en page.

Chacun son métier.

Ce n'est pas vraiment une histoire d'électricité

Cette expérience pose évidemment une question plus large que le câblage d'un SONOFF.

Pourquoi deux IA peuvent-elles fournir deux réponses différentes, toutes deux parfaitement convaincantes, et toutes deux incorrectes ?

Est-ce qu'interroger une seconde IA constitue réellement une vérification indépendante ?

Et surtout, que faire lorsque ce que l'IA nous explique ne correspond pas à ce que l'on observe devant soi ?

Je ne vais pas ouvrir ce tiroir ici : il nous éloignerait assez rapidement de nos interrupteurs.

J'y consacre justement un autre billet :

→ Deux IA, quelques Wago et un va-et-vient

Parce que finalement, le problème le plus intéressant de cette histoire n'était peut-être pas S1 ou S2.

Finalement, ce n'était pas si compliqué

Avec le recul, le câblage lui-même n'avait finalement rien d'extraordinaire.

Ce qui m'a fait perdre du temps, c'était surtout de ne pas disposer, au départ, d'une représentation suffisamment claire du problème. Des bornes S1 et S2 utilisées différemment suivant les modèles, des documentations pas toujours très explicites, des schémas trouvés ici et là sans forcément savoir à quelle référence ils s'appliquaient... et quelques IA particulièrement sûres d'elles n'ont pas vraiment aidé.

Une fois revenu à l'installation elle-même, tout est devenu beaucoup plus simple.

Identifier ce qui existe.

Comprendre le rôle de chaque conducteur.

Dessiner ce que l'on veut obtenir.

Vérifier.

Et seulement ensuite commencer à déplacer des fils.

Si vous vous lancez pour la première fois, ne vous inquiétez donc pas si le premier interrupteur vous demande beaucoup plus de temps que prévu.

C'est assez normal.

Au début, chaque conducteur pose une question, chaque borne mérite d'être vérifiée et on revient régulièrement au schéma pour s'assurer que l'on n'a rien oublié.

Puis on installe un deuxième module.

Et un troisième.

Les mêmes situations commencent à revenir, on reconnaît beaucoup plus vite ce que l'on a devant soi et la logique qui paraissait encore un peu obscure quelques heures auparavant devient progressivement évidente.

Après deux ou trois modules, tout devient franchement plus limpide.

C'est aussi pour cette raison que je ne conseillerais pas de décider un samedi matin :

Aujourd'hui, je domotise tous les interrupteurs de la maison.

Commencez par deux ou trois.

Choisissez quelques cas, prenez le temps de comprendre ce que vous faites, vivez un peu avec le résultat et voyez ce que les premières installations vous apprennent.

Cette approche permet aussi de ne pas acheter dix exemplaires du même module avant d'avoir réellement exploré l'installation.

Prenez éventuellement deux ou trois modèles différents. Vous découvrirez assez rapidement que certains blochets disposent d'un neutre, d'autres non, que quelques millimètres peuvent faire la différence pour loger le module ou qu'un éclairage pour lequel vous souhaitez un variateur impose d'autres contraintes.

Au fil des installations, vous finirez naturellement par savoir quel module convient le mieux à quel cas. Il suffit alors de renouveler progressivement le petit stock avec les références qui vous sont réellement utiles.

C'est probablement plus raisonnable que de découvrir, dix modules connectés posés sur la table, que le modèle choisi nécessite un neutre... précisément dans les blochets où vous n'en avez pas.

Et cela permet d'apprendre sans transformer la maison entière en chantier.

C'est d'ailleurs exactement ce que je ferais différemment aujourd'hui. Au début, j'avais tendance à choisir un module puis à chercher comment l'intégrer.

Je regarderais maintenant d'abord ce que l'installation permet, puis je choisirais le module qui lui correspond.

Cela vaut pour la présence ou non d'un neutre, pour les fonctions recherchées, pour le câblage disponible... et même pour ces quelques millimètres qui décideront si tout rentre effectivement derrière l'interrupteur.

Au final, quelques outils très simples se sont révélés au moins aussi utiles que toute la technologie mise en œuvre : un appareil de mesure, une lampe frontale, un smartphone pour garder une trace de ce que l'on démonte et, surtout, du papier, un crayon et une gomme.

La gomme a servi.

Évidemment.

J'espère surtout que cet article vous évitera une partie des recherches, hésitations et essais qui ont accompagné mes premières installations.

Parce qu'au fond, c'est exactement le document que j'aurais aimé trouver lorsque j'ai commencé : pas une recette magique à recopier sans réfléchir, mais suffisamment d'explications et de schémas pour comprendre ce que l'on fait et pouvoir ensuite l'adapter à ce que l'on trouve réellement derrière son propre interrupteur.

Et une fois les premières installations passées, cela devient rapidement beaucoup moins impressionnant.

Le résultat, lui, correspond exactement à ce que je cherchais : les interrupteurs continuent à faire ce qu'ils ont toujours fait, Home Assistant peut désormais agir sur l'éclairage, et si toute la partie domotique décide un jour de prendre congé, l'utilisation quotidienne de la maison ne doit pas devenir une expérience informatique.

Le SONOFF s'est ajouté au circuit. Il n'en est pas devenu la raison de fonctionner.

Et quant aux IA qui m'ont accompagné dans cette aventure...

L'IA générative progresse vite. Les électriciens ont encore quelques beaux jours devant eux.

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