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Zigbee sans (trop) se compliquer la vie

Quand j'ai commencé à déployer mes premiers appareils Zigbee, je ne connaissais finalement pas grand-chose au fonctionnement du réseau qui allait les relier. Et ça a fonctionné. Avec le temps, j'ai néanmoins découvert toute une série de petits détails auxquels je n'avais pas prêté attention au départ : le rôle des routeurs, l'importance du placement du coordinateur, les interférences avec le Wi-Fi, le choix des canaux ou encore le fait que tous les appareils Zigbee ne participent pas de la même manière au réseau. Rien de catastrophique. Je n'ai pas dû arracher les murs ni jeter mon installation pour recommencer. Mais ce sont des choses qui, lorsqu'on les connaît, permettent de faire certains choix un peu plus intelligemment dès le départ. C'est essentiellement le but de cette note : rassembler ce que j'aurais trouvé utile de savoir avant de commencer, sans pour autant donner l'impression qu'il faut maîtriser Zigbee avant de brancher son premier appareil. Et si vous avez déjà commencé sans savoir tout ça ? Pas de panique. Il y a de fortes chances que vous puissiez très bien améliorer les choses plus tard.

Zigbee sans (trop) se compliquer la vie

Pour les personnes pressées...

Voilà pour la version courte.

Si ces quelques points vous suffisent, vous savez déjà probablement l'essentiel pour commencer à utiliser Zigbee sans trop vous poser de questions.

Si, par contre, certains termes comme coordinateur, routeur, end device ou mesh restent encore un peu abstraits, regardons ce qui se cache derrière.

Zigbee, c'est quoi exactement ?

Zigbee est avant tout une technologie de communication sans fil conçue pour permettre à des appareils de communiquer entre eux avec relativement peu d'énergie et de données à échanger.

Et c'est déjà une différence importante avec le Wi-Fi.

Lorsque je connecte mon ordinateur ou mon téléphone au réseau Wi-Fi de la maison, je dispose d'une connexion capable de transporter rapidement beaucoup de données. C'est très pratique pour regarder une vidéo, télécharger un fichier ou afficher une page web.

Un détecteur d'ouverture de porte a des ambitions nettement plus modestes.

La plupart du temps, il n'a absolument rien à raconter. Et lorsque la porte s'ouvre, son message pourrait pratiquement se résumer à :

« Ouvert. »

Puis, quelques secondes plus tard :

« Fermé. »

Pas vraiment besoin de plusieurs centaines de mégabits par seconde pour ça.

En domotique, beaucoup d'appareils ont exactement ce genre de besoins : transmettre de petites quantités d'informations, parfois très occasionnellement, tout en consommant le moins d'énergie possible.

C'est précisément le genre de situation pour laquelle Zigbee est intéressant.

Mais Zigbee possède une autre particularité qui va rapidement avoir son importance lorsqu'on commence à installer plusieurs appareils dans une maison :

tous les appareils ne doivent pas nécessairement communiquer directement avec le coordinateur.

Et c'est là qu'entre en jeu cette fameuse histoire de réseau maillé.

Coordinateur, routeurs et end devices

Pour comprendre comment fonctionne un réseau Zigbee, il faut commencer par distinguer les trois rôles que peuvent y jouer les appareils : coordinateur, routeur et end device.

Schema Zigbee Network Fr

Topologie logique d'un réseau Zigbee

Les noms peuvent sembler un peu techniques, mais le principe est finalement assez simple.

Le coordinateur : il faut bien commencer quelque part

Un réseau Zigbee possède un coordinateur.

C'est lui qui crée le réseau et permet aux autres appareils de le rejoindre. Il joue donc un rôle particulier : sans coordinateur, pas de réseau Zigbee.

Dans une installation domotique, il prend souvent la forme d'un adaptateur radio — par exemple un dongle USB — associé au logiciel chargé de gérer le réseau.

Lorsque j'ai commencé, cette distinction m'avait complètement échappé. Pour moi, le dongle était essentiellement :

« le truc USB qui permet à Home Assistant de parler Zigbee ».

Et, pour commencer, cette définition n'était finalement pas si mauvaise.

Le coordinateur ne se résume toutefois pas à une simple antenne. Il participe à la création et au fonctionnement du réseau auquel appartiennent les appareils Zigbee.

Et contrairement à ce que le mot coordinateur pourrait laisser penser, cela ne signifie pas que toutes les communications doivent constamment passer directement par lui.

C'est là que les routeurs entrent en scène.

Les routeurs : ceux qui font passer le message

Un routeur Zigbee est un appareil capable de communiquer avec d'autres appareils du réseau, mais également de relayer les communications.

Imaginons un capteur situé trop loin du coordinateur pour communiquer directement avec lui.

S'il existe entre les deux un ou plusieurs routeurs correctement placés, le message peut emprunter un autre chemin :

capteur → routeur → routeur → coordinateur

C'est ce mécanisme qui permet à un réseau Zigbee de s'étendre au-delà de la portée radio directe du coordinateur.

Et surtout, ces routeurs ne sont pas nécessairement des boîtiers spécialement installés pour cette fonction.

Une prise connectée, une ampoule, un module d'éclairage ou un autre appareil Zigbee peut également être un routeur si le fabricant l'a conçu pour jouer ce rôle.

C'est un point important : le rôle d'un appareil dans le réseau dépend de sa conception, pas simplement de sa fonction apparente.

Une prise peut donc être à la fois... une prise et une partie de l'infrastructure de votre réseau Zigbee.

Les end devices : eux sont simplement là pour discuter

Enfin, il y a les end devices.

Eux aussi rejoignent le réseau Zigbee et communiquent avec les autres éléments dont ils ont besoin, mais ils ne servent pas de relais pour les communications des autres appareils.

Un détecteur de mouvement, un bouton, un capteur de température ou un contact de porte peuvent par exemple fonctionner comme end devices.

Ils utilisent le réseau.

Ils ne construisent pas le réseau autour d'eux.

Cette distinction a une conséquence pratique assez importante.

Ajouter dix end devices dans une zone où la couverture Zigbee est mauvaise ne va pas nécessairement améliorer cette couverture. Vous aurez simplement ajouté dix appareils supplémentaires qui essaient d'utiliser le réseau.

Ajouter judicieusement quelques routeurs, en revanche, peut complètement changer la situation.

Et c'est là qu'on commence réellement à comprendre ce que signifie le terme réseau maillé.

Le mesh : tout le monde ne parle pas directement au coordinateur

On vient déjà d'en voir le principe : dans un réseau Zigbee, tous les appareils n'ont pas besoin d'être à portée directe du coordinateur.

Les routeurs peuvent relayer les communications et permettre à un appareil plus éloigné de rejoindre le reste du réseau en passant par un ou plusieurs intermédiaires.

C'est ce qui donne à Zigbee son fonctionnement en réseau maillé, ou mesh.

Et cela change un peu la manière de réfléchir à la portée.

La question n'est plus seulement :

« Est-ce que mon coordinateur porte jusque-là ? »

Mais plutôt :

« Est-ce que mon réseau Zigbee arrive jusque-là ? »

Un coordinateur peut très bien ne pas être capable de communiquer directement avec un appareil situé à l'autre bout de la maison. Si des routeurs correctement répartis permettent de faire le chemin entre les deux, ce n'est pas nécessairement un problème.

À l'inverse, un coordinateur avec une excellente portée ne suffit pas forcément à lui seul pour construire un bon réseau dans toute une maison.

Le réseau se développe progressivement autour des appareils capables de relayer les communications.

Cela entraîne une conséquence assez intéressante :

ajouter certains appareils peut aussi améliorer le réseau lui-même.

Une prise, une ampoule ou un module qui joue le rôle de routeur ne fait donc pas qu'ajouter une nouvelle fonction. Il peut également offrir de nouveaux chemins aux autres appareils du réseau.

Et ces chemins ne sont pas nécessairement figés pour toujours. Le réseau dispose de mécanismes lui permettant de s'adapter lorsque sa topologie évolue.

Ajouter ou déplacer certains appareils peut donc progressivement faire évoluer le maillage.

C'est aussi ce qui permet de commencer avec un réseau Zigbee assez modeste et de l'étendre par la suite.

Reste évidemment à savoir quels appareils vont réellement participer à ce maillage.

Et c'est là qu'on rencontre très vite un raccourci :

« Les appareils sur secteur sont des routeurs et ceux sur batterie sont des end devices. »

C'est souvent une bonne première approximation.

Mais seulement une approximation.

Secteur = routeur et batterie = end device ? Pas si vite...

Lorsqu'on commence à lire des choses sur Zigbee, on tombe assez rapidement sur une règle qui semble simple :

les appareils alimentés sur secteur sont des routeurs, tandis que les appareils sur batterie sont des end devices.

C'est pratique à retenir.

Et, dans beaucoup de cas, c'est effectivement ce que l'on va observer.

Sector Not Router Fr

Secteur ne rime pas toujours avec Routeur

Un appareil alimenté en permanence peut rester à l'écoute du réseau et relayer les messages des autres appareils. Une prise connectée ou une ampoule Zigbee constitue donc souvent un excellent candidat pour jouer le rôle de routeur.

Pour un petit capteur alimenté par une pile et censé fonctionner pendant des mois, voire des années, la situation est différente.

L'un des moyens de réduire sa consommation consiste justement à ne pas rester continuellement éveillé. Un end device peut passer une bonne partie de son temps dans un état de faible consommation et se réveiller lorsque cela est nécessaire.

Lui demander de servir en permanence de relais pour les autres appareils serait assez contradictoire avec cet objectif.

C'est donc de là que vient le raccourci :

secteur → généralement routeur
batterie → généralement end device

Le problème est le mot « généralement ».

Un appareil Zigbee alimenté sur secteur n'est pas automatiquement un routeur.

Le rôle qu'il joue dépend de la manière dont il a été conçu. Certains équipements alimentés en permanence restent des end devices et ne participeront donc jamais au maillage.

C'est notamment quelque chose que j'ai découvert avec certains modules destinés à être installés derrière des interrupteurs.

À première vue, on pourrait naturellement penser :

« Il est dans le mur, il commande une lampe et il est raccordé à l'installation électrique : parfait, voilà aussi un routeur Zigbee. »

Pas nécessairement.

Installer plusieurs appareils Zigbee alimentés sur secteur dans une partie de la maison ne signifie donc pas automatiquement que l'on vient d'y construire un magnifique réseau de routeurs.

À l'inverse, pour un appareil sur batterie, partir du principe qu'il s'agit d'un end device reste généralement une assez bonne intuition.

La bonne règle n'est donc probablement pas :

« secteur = routeur »

mais plutôt :

« si j'ai besoin de cet appareil pour renforcer mon mesh, je vérifie qu'il est réellement capable de router. »

Ce n'est pas beaucoup plus compliqué.

Mais encore faut-il savoir qu'il faut regarder.

2,4 GHz : Zigbee n'est pas seul dans la pièce

Jusqu'ici, nous avons surtout regardé Zigbee comme un réseau : un coordinateur, des routeurs, des end devices et des messages qui peuvent passer de l'un à l'autre.

Mais tout ce petit monde doit évidemment communiquer par radio.

Et Zigbee utilise principalement une bande de fréquences que l'on connaît déjà très bien à la maison : les 2,4 GHz.

On pourrait d'ailleurs se demander pourquoi cette bande est encore autant utilisée.

Nos réseaux Wi-Fi modernes utilisent également le 5 GHz et, pour les générations les plus récentes, la bande des 6 GHz. Ces fréquences offrent notamment davantage de spectre disponible et permettent d'atteindre des débits très élevés.

Pourtant, les points d'accès Wi-Fi actuels continuent également à proposer du 2,4 GHz.

La raison est assez simple : en radio, une fréquence plus élevée n'apporte pas que des avantages.

À puissance et conditions comparables, les fréquences plus basses ont généralement des caractéristiques de propagation plus favorables. Dans une maison, le 2,4 GHz offre ainsi souvent une meilleure portée et traverse mieux certains obstacles que le 5 ou le 6 GHz.

Il existe donc déjà un compromis entre débit, spectre disponible et propagation.

Et pour un capteur qui doit simplement annoncer :

« La porte est ouverte. »

disposer de plusieurs centaines de mégabits par seconde n'a de toute façon pas beaucoup d'intérêt.

Mais cela amène assez naturellement une autre question.

Si les fréquences plus basses se propagent mieux, pourquoi Zigbee ne descend-il pas encore plus bas ?

Après tout, cela fait des décennies que des télécommandes, stations météo, capteurs et autres équipements domestiques communiquent autour de 433 MHz ou 868 MHz en Europe.

Et ceux-là peuvent parfois traverser les murs de manière assez impressionnante.

Pourquoi pas 433 ou 868 MHz ?

L'idée n'est pas absurde.

Les fréquences plus basses présentent justement des propriétés intéressantes pour des appareils qui doivent communiquer sur une certaine distance avec très peu de données.

La norme IEEE 802.15.4, sur laquelle s'appuie Zigbee, prévoit d'ailleurs également des possibilités dans certaines bandes sub-GHz.

Dans la pratique, cependant, l'immense majorité des équipements Zigbee grand public que l'on rencontre fonctionne en 2,4 GHz.

Pourquoi ?

Parce qu'une fréquence radio n'est jamais choisie uniquement en fonction de sa capacité à traverser un mur.

Il faut également tenir compte du spectre disponible, des débits possibles, des contraintes réglementaires et des bandes utilisables dans les différentes régions du monde.

Les bandes autour de 433 et 868 MHz ne sont d'ailleurs pas des espaces radio vides. Elles sont depuis longtemps utilisées par quantité d'équipements à courte portée et sont soumises, selon les fréquences et les usages, à différentes contraintes.

Le spectre disponible y est également plus limité.

Le 2,4 GHz possède en revanche un avantage considérable : cette bande est disponible pour ce type d'usage pratiquement partout dans le monde.

Pour un standard destiné à être intégré dans des millions d'appareils, pouvoir utiliser essentiellement la même technologie radio sur différents marchés est évidemment intéressant.

Comme souvent en radio, il n'existe donc pas de fréquence magique.

On choisit surtout le meilleur ensemble de compromis.

Et le compromis du 2,4 GHz possède lui aussi un petit défaut : beaucoup d'autres technologies ont fait exactement le même choix.

Les canaux et le Wi-Fi

Zigbee Wifi Channels Fr

Zigbee - Wifi 2,4 Ghz : une histoire de canaux

Dire que Zigbee et le Wi-Fi utilisent tous les deux la bande des 2,4 GHz ne signifie évidemment pas qu'ils émettent en permanence sur exactement la même fréquence.

Cette bande est découpée en canaux.

On retrouve déjà cette notion avec le Wi-Fi. Dans la bande des 2,4 GHz, un point d'accès peut par exemple utiliser le canal 1, 6 ou 11.

Mais il y a un petit piège.

Un canal n'est pas simplement une fréquence précise sur laquelle toutes les données seraient envoyées. Une transmission occupe une certaine largeur de spectre autour de sa fréquence centrale.

Deux canaux différents peuvent donc très bien occuper en partie les mêmes fréquences.

C'est particulièrement visible avec le Wi-Fi 2,4 GHz.

Ses canaux sont espacés de seulement 5 MHz alors qu'une transmission Wi-Fi classique en 2,4 GHz occupe environ 20 MHz. Utiliser deux numéros de canaux différents ne signifie donc pas nécessairement utiliser deux portions indépendantes du spectre.

C'est notamment de là que vient la fameuse recommandation d'utiliser les canaux Wi-Fi 1, 6 et 11 : avec une largeur de 20 MHz, ils permettent de répartir plusieurs réseaux en limitant fortement leur chevauchement.

Zigbee découpe cette même bande d'une autre manière.

En 2,4 GHz, il utilise les canaux 11 à 26, beaucoup plus étroits, dont les fréquences centrales sont espacées de 5 MHz.

Et attention à une confusion assez naturelle :

le canal Zigbee 11 n'a absolument rien à voir avec le canal Wi-Fi 11.

Les deux technologies utilisent leur propre numérotation.

Le problème devient alors assez facile à visualiser.

Un canal Wi-Fi relativement large peut recouvrir les fréquences utilisées par plusieurs canaux Zigbee beaucoup plus étroits.

Un réseau Zigbee peut donc parfaitement fonctionner à côté d'un réseau Wi-Fi 2,4 GHz, mais certains choix de canaux leur laisseront davantage d'espace pour cohabiter que d'autres.

Il n'existe toutefois pas un canal Zigbee universellement parfait.

Tout dépend de l'environnement radio.

Il faut tenir compte de son propre Wi-Fi, mais également garder à l'esprit que les réseaux des voisins font eux aussi partie du paysage.

Dans une maison isolée, la situation peut être relativement simple.

Dans un appartement entouré de quinze réseaux Wi-Fi, elle risque d'être un peu plus... animée.

Cela ne signifie pas qu'il faille sortir un analyseur de spectre avant d'installer sa première ampoule Zigbee.

Mais si l'on construit un réseau important, ou si l'on rencontre des problèmes de fiabilité, regarder quels canaux sont réellement utilisés autour de soi peut éviter de chercher longtemps au mauvais endroit.

Il peut être tentant de chercher sur Internet « le meilleur canal Zigbee » et d'appliquer directement la réponse.

On trouvera souvent des recommandations comme les canaux 15, 20 ou 25.

Elles ne sortent pas de nulle part, mais elles ne connaissent ni la configuration de votre Wi-Fi ni celle de vos voisins.

Mieux vaut comprendre le principe que mémoriser un numéro.

Une application comme WiFiman, par exemple, permet assez simplement de visualiser les réseaux Wi-Fi détectés, les bandes et les canaux qu'ils utilisent ainsi que leur niveau de signal.

Après les quelques explications précédentes, les graphiques proposés par ce genre d'outil deviennent d'ailleurs beaucoup plus parlants. On peut rapidement voir si plusieurs réseaux occupent la même partie de la bande des 2,4 GHz et identifier les zones qui semblent moins encombrées.

WiFiman permet d'aller beaucoup plus loin dans l'analyse d'un réseau Wi-Fi, mais ce sera un autre sujet.

Ici, ce qui nous intéresse est simplement de savoir avec qui notre réseau Zigbee va devoir partager les 2,4 GHz.

Ce n'est évidemment pas un véritable analyseur de spectre : l'application ne permet pas de voir tout ce qui peut émettre ou produire du bruit dans cette bande.

Mais pour obtenir rapidement une première image de son environnement Wi-Fi, c'est déjà largement suffisant.

Le placement du coordinateur

On peut avoir choisi soigneusement son canal Zigbee, installé plusieurs routeurs et malgré tout partir avec un petit handicap assez facile à éviter :

mettre le coordinateur au mauvais endroit.

Et lorsqu'il prend la forme d'un adaptateur USB connecté à un ordinateur, un Raspberry Pi ou un serveur, le mauvais endroit est parfois précisément celui qui semble le plus évident :

directement dans le port USB de la machine.

Cela fonctionne évidemment dans beaucoup d'installations. Mais un ordinateur n'est pas nécessairement le voisin idéal pour un petit émetteur-récepteur radio fonctionnant à 2,4 GHz.

Boîtier métallique, câbles, alimentations, autres interfaces radio et électronique environnante constituent déjà un environnement assez chargé.

Il existe également un voisin un peu plus surprenant : l'USB 3.x.

Les communications à haute vitesse utilisées par l'USB 3 peuvent générer du bruit électromagnétique dans une partie du spectre qui nous intéresse justement ici. Dans certaines configurations, un adaptateur radio 2,4 GHz placé directement à proximité d'un port, d'un câble ou d'un périphérique USB 3 peut donc voir ses conditions de réception se dégrader.

La solution est heureusement beaucoup moins impressionnante que l'explication :

une simple rallonge USB peut déjà faire une différence importante.

Elle permet d'éloigner le coordinateur de la machine, de ses ports et de ses câbles, mais aussi de le placer dans une position un peu plus favorable.

L'idée est surtout d'éviter quelques situations manifestement peu propices :

  • enfermer le coordinateur dans une armoire métallique ;
  • le coincer derrière un serveur entouré de câbles ;
  • le placer juste à côté d'un point d'accès Wi-Fi ;
  • le laisser collé à des périphériques USB 3 alors qu'on peut facilement l'en éloigner ;
  • ou, plus généralement, entourer sa petite antenne de métal et d'électronique puis s'étonner qu'elle ne soit pas très heureuse.

Il faut aussi se rappeler ce que nous avons vu à propos du mesh.

Le coordinateur n'a pas besoin d'être placé au centre de la maison ni d'atteindre directement chaque appareil Zigbee.

Zigbee Home Implementation Fr

Et comment cela se passe chez moi

Mon installation en est finalement un assez bon exemple.

Mon serveur se trouve dans le grenier. C'est lui qui héberge, entre autres, la machine virtuelle dans laquelle tourne Home Assistant. Mon coordinateur Zigbee se trouve donc lui aussi dans le grenier, déporté du serveur par environ trois mètres de câble USB.

On est assez loin du coordinateur soigneusement installé au centre géométrique de la maison.

Et pourtant, ce n'est pas vraiment un problème.

Le coordinateur doit évidemment pouvoir communiquer correctement avec une partie du réseau. À partir de là, les routeurs peuvent prendre le relais et étendre progressivement le maillage vers les autres parties de la maison.

C'est précisément l'un des intérêts du mesh.

Chercher un emplacement raisonnablement dégagé, éloigner le coordinateur des sources potentielles de perturbations et s'assurer qu'il communique correctement avec les premiers routeurs est donc généralement beaucoup plus pertinent que de chercher absolument le centre de la maison.

Dans mon cas, les trois mètres de câble USB permettent surtout d'éloigner le dongle du serveur et de toute l'électronique qui l'entoure.

Et pour ceux qui se demandent comment un dongle physiquement branché sur un serveur peut être utilisé par Home Assistant installé dans une machine virtuelle : cela passe par ce que l'on appelle l'USB passthrough.

Mais ça, c'est encore un autre tiroir.

Zigbee compatible avec Zigbee... normalement

À ce stade, on pourrait raisonnablement penser que les choses deviennent simples.

Zigbee est un standard. J'ai un coordinateur Zigbee. J'achète un appareil portant le logo Zigbee.

Je l'ajoute au réseau et ça fonctionne.

Dans un monde idéal, nous pourrions probablement arrêter cette section ici.

Dans le monde réel, c'est heureusement souvent aussi simple que cela... mais pas toujours.

Zigbee fournit une base commune permettant aux appareils de rejoindre un réseau, de communiquer et de décrire un certain nombre de fonctions : une lampe, un interrupteur, une température, un niveau de batterie, etc.

Mais les fabricants disposent aussi d'une certaine liberté dans la manière dont leurs appareils sont conçus et exposent leurs fonctionnalités.

Certains utilisent des fonctions parfaitement standard. D'autres ajoutent leurs propres particularités ou comportements.

Il arrive donc qu'un appareil puisse rejoindre parfaitement un réseau Zigbee, mais que le logiciel chargé de le gérer ne sache pas encore interpréter tout ce qu'il raconte.

Un appareil peut être immédiatement reconnu avec toutes ses fonctions.

Un autre peut fonctionner, mais seulement avec une partie de ses possibilités.

Et un troisième peut nécessiter que son modèle soit explicitement pris en charge.

C'est une distinction assez importante :

être capable de communiquer en Zigbee ne garantit pas que toutes les fonctionnalités d'un appareil seront automatiquement comprises.

Avant d'acheter un appareil un peu particulier, vérifier qu'il est correctement pris en charge par la solution que l'on utilise peut donc éviter quelques surprises.

Cela ne signifie pas qu'il faille désormais vérifier compulsivement chaque ampoule avant de l'acheter.

Pour beaucoup d'appareils courants, tout se passera exactement comme prévu.

Mais lorsqu'un constructeur propose une fonction inhabituelle, qu'un appareil vient d'arriver sur le marché ou que l'on souhaite justement l'utiliser sans la passerelle du fabricant, un petit détour par une liste de compatibilité peut être une excellente idée.

Il y a d'ailleurs un autre détail qui peut prêter à confusion lorsqu'on regarde les emballages.

De nombreux fabricants vendent leurs appareils Zigbee avec leur propre passerelle et indiquent naturellement que celle-ci est nécessaire pour utiliser leur écosystème.

Cela ne signifie pas nécessairement que l'appareil est techniquement incapable de rejoindre un autre réseau Zigbee.

Avec un coordinateur générique et une solution compatible, beaucoup de ces appareils peuvent être utilisés directement, sans la passerelle du constructeur.

Mais, encore une fois, « beaucoup » ne signifie pas « tous, avec toutes leurs fonctions et dans toutes les situations ».

Certaines fonctionnalités peuvent dépendre de particularités propres au fabricant et certaines opérations, comme les mises à jour de firmware, peuvent également demander un peu plus d'attention.

La bonne approche reste donc assez simple :

avant d'acheter, vérifier.

Pas parce que Zigbee serait un gigantesque champ de mines.

Simplement parce qu'un logo commun ne raconte pas nécessairement toute l'histoire.

Et Thread/Matter dans tout ça ?

À ce stade, il est difficile de parler de domotique sans croiser également les noms Thread et Matter.

Et il est assez facile de tout mélanger.

Une manière relativement simple de comprendre la différence consiste à regarder ce que Zigbee fait déjà.

En simplifiant beaucoup, Zigbee fournit à la fois les mécanismes permettant de construire le réseau entre les appareils et une couche applicative permettant à ces appareils de décrire leurs fonctions et de communiquer.

Avec Thread et Matter, ces deux responsabilités sont davantage séparées.

Thread s'occupe du réseau.

Il permet de construire un réseau maillé basé sur IP entre les appareils. Comme Zigbee, il s'appuie sur IEEE 802.15.4 et utilise généralement la bande des 2,4 GHz.

Matter s'occupe de la couche applicative.

Il définit une manière commune de représenter et de contrôler les appareils : une lampe, une prise, un capteur, une serrure, etc.

On pourrait donc résumer très grossièrement :

Zigbee Matter Fr

Zigbee et Matter

Zigbee ≈ réseau + langage des appareils

alors que :

Thread + Matter ≈ réseau + langage des appareils

Mais cette comparaison possède une limite importante.

Matter n'est pas lié à Thread.

Un appareil Matter peut communiquer via Thread, mais Matter peut également fonctionner sur Wi-Fi ou Ethernet.

Thread et Matter ne sont donc pas deux morceaux inséparables d'un nouveau Zigbee. Ce sont deux technologies distinctes qui peuvent être utilisées ensemble.

Et Thread partage avec Zigbee une caractéristique que nous connaissons maintenant très bien : son réseau radio utilise lui aussi les 2,4 GHz.

Nos considérations précédentes sur l'environnement radio ne disparaissent donc pas magiquement avec Thread.

Pour quelqu'un qui commence aujourd'hui, l'essentiel est probablement de retenir ceci :

Zigbee, Thread et Matter ne sont pas simplement trois protocoles concurrents. Ils interviennent à des niveaux différents.

Et nous allons nous arrêter là.

Parce que comprendre réellement Thread, Matter, les Border Routers et la manière dont tout cela rejoint un réseau IP...

...mérite manifestement un autre tiroir.

Faut-il donc tout planifier avant de commencer ?

Lorsque j'ai installé mes premiers appareils Zigbee, je ne savais certainement pas tout ce que je viens d'expliquer dans cet article.

Et ça a fonctionné.

C'est probablement le point le plus important à retenir.

Comprendre le rôle du coordinateur, savoir que certains appareils participent au mesh, éviter de placer son dongle dans un environnement radio particulièrement hostile et jeter un œil à la compatibilité du matériel avant de l'acheter permet déjà d'éviter quelques erreurs faciles.

Pour le reste, un réseau Zigbee peut généralement évoluer.

On peut ajouter des routeurs, améliorer progressivement la couverture, déplacer le coordinateur, revoir certains choix ou remplacer du matériel au fur et à mesure que l'installation grandit.

Il n'est donc pas nécessaire de concevoir le réseau parfait avant de connecter son premier appareil.

Et c'est probablement une bonne chose.

Parce que si j'avais dû comprendre tout cela avant de commander mes premiers modules Zigbee, je serais peut-être encore en train de choisir mon canal.

À l'époque, mon raisonnement était nettement plus simple :

« Zigbee ? C'est quoi encore ce truc ? »

J'avais quelques modules en commande, un dongle USB à installer et aucune idée très précise de l'endroit où tout cela allait me mener.

Depuis, j'ai appris deux ou trois choses.

Enfin... suffisamment, j'espère, pour utiliser Zigbee sans trop se compliquer la vie.

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