Impression 3D (tout simplement)
Ce qui avait commencé par l'envie de découvrir une technologie capable de transformer un fichier en objet réel est progressivement devenu un outil pour réparer, fabriquer, expérimenter... ou simplement réaliser des choses parce qu'elles ont l'air cool. Du montage de ma première Prusa à l'impression résine, de la modélisation 3D à la peinture, ce projet retrace une dizaine d'années d'expérimentations, quelques réussites, certainement quelques échecs et beaucoup de choses apprises en chemin. Quant à savoir quand il sera terminé... Disons qu'il passera probablement de temps en temps en `pending`.
Impression 3D
Résumé
Ce qui avait commencé par l'envie de découvrir une technologie capable de transformer un fichier en objet réel est progressivement devenu un outil pour réparer, fabriquer, expérimenter... ou simplement réaliser des choses parce qu'elles ont l'air cool.
Du montage de ma première Prusa à l'impression résine, de la modélisation 3D à la peinture, ce projet retrace une dizaine d'années d'expérimentations, quelques réussites, certainement quelques échecs et beaucoup de choses apprises en chemin.
Quant à savoir quand il sera terminé...
Disons qu'il passera probablement de temps en temps en pending.
Au départ, il y avait surtout une machine
Je ne me souviens plus exactement du moment où j'ai commencé à m'intéresser sérieusement à l'impression 3D.
Je voyais surtout ce que ces machines commençaient à permettre : fabriquer une pièce pour réparer un objet, créer quelque chose adapté à un besoin particulier, télécharger un modèle et le matérialiser quelques heures plus tard...
Ou simplement essayer des choses sans finalité bien précise, juste parce que ça avait l'air cool.
Évidemment, cette dernière catégorie avait un certain potentiel.
À l'époque, les imprimantes 3D destinées au grand public commençaient déjà à être relativement accessibles. Il existait plusieurs solutions, plus ou moins abordables, plus ou moins fiables et demandant souvent encore une certaine volonté de mettre les mains dedans.
En regardant ce qui existait, une marque avait particulièrement retenu mon attention : Prusa.
Ils en étaient alors à la Prusa i3 MK3.
Ce n'était certainement pas la solution la moins chère. Mais le concept me plaisait : une machine évolutive, développée par une entreprise qui semblait réellement impliquée dans son produit, dont une partie des pièces était elle-même imprimée sur des imprimantes 3D.
Et surtout...
Elle était disponible en kit.
Acheter une imprimante 3D déjà montée aurait sans doute été plus simple.
Mais si le but était de découvrir comment fonctionnait une imprimante 3D, commencer par la construire me paraissait finalement assez logique.
J'ai donc commandé le kit.
Quelques heures de montage plus tard...
Je garde plutôt un bon souvenir du montage.
Pas de difficulté particulière. J'ai suivi consciencieusement le manuel, pris le temps de faire quelque chose de propre, notamment au niveau du câblage, et probablement vérifié certaines étapes deux fois plutôt qu'une.
Puis est arrivé le moment de brancher la machine.
C'est toujours un instant intéressant lorsqu'on met sous tension pour la première fois quelque chose qu'on vient d'assembler soi-même.
Normalement, tout est correct.
On a vérifié.
On sait que ça devrait fonctionner.
Mais il reste malgré tout cette petite question :
« Est-ce que ça va démarrer normalement ou faire Pssschhh... avec un peu de fumée ? »
Pas de fumée.
La Prusa a démarré.
Restait maintenant à la régler.
Avec le recul et lorsqu'on regarde les machines actuelles, certaines opérations de calibration de l'époque paraissent presque artisanales. Il fallait notamment trouver correctement la hauteur de la première couche, observer le résultat, corriger, recommencer...
J'ai imprimé quelques motifs et feuilles de calibration jusqu'à obtenir quelque chose qui me semblait correct.
Je serais aujourd'hui incapable de dire quelle a été ma toute première véritable impression.
En revanche, je me souviens très bien de la première qui m'a réellement donné envie d'aller plus loin.
Groot
J'avais trouvé un modèle de Groot transformé en pot de fleurs.
Parfait.
Quelques heures d'impression auraient été trop simples : de mémoire, la machine a plutôt travaillé une bonne partie du week-end.
Lorsque tout fut terminé, j'avais mon Groot.
Et beaucoup de supports.
Les supports d'impression ont, eux aussi, fait quelques progrès depuis.
Mais le résultat me plaisait vraiment.
J'avais téléchargé un fichier, envoyé tout cela vers une machine que j'avais assemblée moi-même et, quelque temps plus tard, je tenais l'objet dans les mains.
Mission accomplie.
Enfin...
Presque.
Parce qu'en regardant Groot, une autre question est rapidement apparue :
« C'est chouette... mais ce serait quand même pas mal de le peindre. »
Très bien.
Comment est-ce qu'on peint correctement une impression 3D ?
Et voilà comment l'achat d'une imprimante venait déjà d'ouvrir un nouveau tiroir.
Préparation des surfaces, primer, peinture, pinceaux, aérographe...
Je voulais découvrir l'impression 3D.
J'allais manifestement devoir apprendre deux ou trois autres choses en passant.
Une petite usine à objets
Une fois la phase de découverte passée, la Prusa a progressivement cessé d'être uniquement l'imprimante 3D.
Elle est devenue un outil.
J'ai commencé à imprimer toutes sortes de choses.
Une roue dentée pour réparer une machine de mon beau-frère. Des pièces devenues consommables pour une trappe d'escalier chez mes parents. Des supports de haut-parleurs pour un vélo. Un grand L lorsque j'ai passé mon permis moto. Des accessoires liés à la plongée.
Et certainement beaucoup d'autres choses que j'ai complètement oubliées depuis.
Toutes n'étaient pas particulièrement intéressantes. Certaines répondaient simplement à un problème très concret : il me faut une pièce qui ressemble à ça, avec ces dimensions-là.
Et c'est là qu'un autre problème est apparu.
Télécharger les modèles créés par d'autres, c'est très bien.
Mais parfois, la pièce dont on a besoin n'existe tout simplement pas.
Il faut alors la dessiner.
Fusion 360 entre dans la pièce
La modélisation n'était pas complètement étrangère pour moi.
Pendant mes études d'ingénieur, j'avais notamment eu des cours d'AutoCAD. Les concepts de dessin technique et de CAO n'arrivaient donc pas totalement de nulle part.
Mais il y a une différence assez agréable entre dessiner quelque chose sur un écran et pouvoir, quelques heures plus tard, tenir réellement la pièce dans sa main.
Pour mes besoins, Fusion 360 s'est progressivement imposé.
Et il est toujours là aujourd'hui.
Nous entretenons depuis une relation que je qualifierais pudiquement...
d'amour/haine.
Mais il a changé quelque chose d'important : l'imprimante n'était plus limitée à ce que d'autres avaient décidé de modéliser.
Une idée pouvait maintenant devenir un dessin.
Le dessin, un fichier.
Et le fichier, avec un peu de chance, une pièce qui correspondait réellement à ce que j'avais imaginé.
Avec un peu moins de chance, une pièce qui permettait de découvrir que j'avais oublié 2 mm quelque part.
Ça fait aussi partie du processus.
Une imprimante qui peut dormir
Il y a également quelque chose que j'ai assez rapidement compris : posséder une imprimante 3D ne signifie pas nécessairement imprimer quelque chose tous les jours.
La Prusa pouvait parfaitement rester silencieuse pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Puis un objet cassait.
Ou une idée apparaissait.
Ou un autre projet avait soudain besoin d'une pièce particulière.
Et elle reprenait du service.
C'est probablement à ce moment-là que l'impression 3D a réellement trouvé sa place chez moi.
Elle n'était plus seulement un hobby.
Elle était devenue un outil disponible pour les autres.
Un outil capable de dormir pendant trois mois et de reprendre du service le jour où une idée ou un problème lui donnait une bonne raison de se réveiller.
La machine a même fini par récupérer un Raspberry Pi 3 qui avait initialement été acheté pour tout autre chose — probablement pour jouer avec RetroPie.
Il s'est finalement révélé nettement plus utile comme serveur OctoPrint pour la Prusa.
Une reconversion professionnelle plutôt réussie.
Tout n'a évidemment pas fonctionné
Il serait tentant, dix ans plus tard, de raconter une belle progression constituée uniquement de réussites.
Ce serait probablement faux.
Je sais que j'ai connu des impressions ratées et que certaines pièces ont terminé directement à la poubelle.
Ce qui est assez amusant, c'est que je serais aujourd'hui bien incapable de dire précisément lesquelles.
Elles ont probablement rempli leur fonction :
m'apprendre quelque chose, puis se faire oublier.
Avec les années, la Prusa est aussi devenue un peu moins fiable. Certains éléments d'usure ont été remplacés, notamment la buse, ce qui lui a donné une seconde jeunesse.
Prusa proposait également différentes évolutions permettant de moderniser la machine.
J'ai plusieurs fois regardé la possibilité de les installer.
Puis regardé leur prix.
Puis regardé ma Prusa qui fonctionnait encore.
Et refermé le navigateur.
Ce qui ne voulait pas dire que l'impression 3D avait cessé de m'intéresser.
Bien au contraire.
Un autre type de machine commençait justement à devenir beaucoup plus accessible.
Un pied dans chaque monde
L'impression résine existait évidemment déjà, mais elle se démocratisait progressivement.
Et elle permettait quelque chose de différent.
Là où l'impression filament était formidable pour fabriquer des pièces fonctionnelles et des objets parfois assez imposants, la résine ouvrait la porte à des niveaux de détail particulièrement intéressants pour les figurines.
Je pouvais investir dans l'évolution d'une technologie que je connaissais déjà.
Ou découvrir autre chose.
La justification que je m'étais trouvée était assez simple :
« Comme ça, j'aurai un pied dans chaque monde de l'impression. »
Argument parfaitement raisonnable.
Une imprimante résine a donc rejoint l'atelier.
Et avec elle sont arrivés de nouveaux paramètres, de nouvelles contraintes...
et évidemment de nouvelles façons de rater une impression.
Retour en Azeroth
Il faut ici ouvrir une petite parenthèse.
J'ai joué pendant longtemps à World of Warcraft.
Ce n'était d'ailleurs pas vraiment prévu.
J'avais joué aux précédents Warcraft, mais lorsque World of Warcraft est arrivé, le concept d'un jeu nécessitant un abonnement mensuel ne m'avait pas particulièrement convaincu.
Quelques années plus tard, à l'époque de Wrath of the Lich King, j'avais monté un nouveau PC.
Je cherchais entre autres quelque chose pour voir un peu ce qu'il avait dans le ventre.
World of Warcraft était récent, semblait suffisamment exigeant et je me suis dit que je pouvais toujours l'installer...
juste pour regarder.
Cette décision s'est révélée légèrement plus engageante que prévu.
Mais elle explique pourquoi, des années plus tard, lorsque j'ai commencé à regarder ce qu'il était possible de faire avec une imprimante résine, mon attention s'est assez naturellement portée sur certaines figurines.
Il avait existé des solutions permettant de faire fabriquer une représentation de son propre personnage. L'idée m'avait toujours plu, même si les possibilités et le niveau de réalisation restaient assez limités.
Avec l'impression 3D, la question revenait :
est-ce que je pourrais maintenant le faire moi-même ?
J'ai essayé de récupérer mon avatar et de remettre en route certains outils permettant d'en extraire un modèle.
Ça fonctionnait plus ou moins.
Certains effets graphiques du jeu ne se traduisaient tout simplement pas correctement en géométrie imprimable.
Le résultat perdait donc une bonne partie de ce qui faisait l'apparence réelle du personnage.
Entre-temps, heureusement, de nombreux créateurs avaient commencé à proposer des modèles spécifiquement conçus pour l'impression 3D.
Et j'en ai trouvé un autre.
Sylvanas.
Sylvanas attendra
Sylvanas allait être ma première réalisation résine réellement ambitieuse.
L'impression s'est passée...
disons, raisonnablement bien.
Certaines pièces ont demandé plusieurs essais. Je découvrais encore la résine et ses particularités.
Mais j'ai fini par disposer de l'ensemble des éléments nécessaires.
Restait la peinture.
Et là, le problème n'était plus vraiment technique.
En regardant la figurine, je savais à peu près ce que je voulais obtenir.
Je savais aussi que je n'étais pas encore capable de le faire correctement.
J'aurais évidemment pu la peindre malgré tout.
Mais quitte à avoir passé tout ce temps à imprimer les différentes pièces, je n'avais pas spécialement envie de gâcher le résultat à la dernière étape.
Sylvanas a donc été mise de côté.
Pas abandonnée.
Mise en pending.
Il fallait d'abord apprendre.
Apprendre sur quelque chose d'un peu moins intimidant
J'ai commencé petit.
Un Son Goku m'a permis de reprendre les pinceaux et l'aérographe sans avoir l'impression de jouer le sort d'une impression beaucoup plus ambitieuse à chaque coup de pinceau.
Il est arrivé à environ 90 %.
Il lui manque toujours son socle et quelques décalcomanies.
Techniquement, il n'est donc pas terminé.
Mais il avait déjà rempli son rôle.
Ensuite est venu un Stormtrooper.
Puis Darth Vader.
À chaque réalisation, quelques techniques devenaient plus naturelles. Préparer les pièces, assembler, masquer, utiliser l'aérographe, reprendre certains détails au pinceau, chercher les bonnes nuances...
Je ne devenais évidemment pas peintre professionnel.
Mais progressivement, l'écart entre ce que j'avais en tête et ce que j'étais capable d'obtenir diminuait.
Suffisamment pour revenir à quelque chose d'un peu plus ambitieux.
Et à Azeroth.
Illidan Stormrage
Cette fois, ce serait Illidan.
Là encore, il a fallu imprimer beaucoup de pièces, en reprendre certaines, préparer, assembler puis peindre.
Quelques essais.
Quelques corrections.
Et beaucoup d'heures.
Mais cette fois, une fois la figurine terminée, j'étais réellement satisfait du résultat.
Elle mesure environ 50 cm et, entre l'impression, l'assemblage et la peinture, elle représente probablement assez bien le chemin parcouru depuis le Groot des débuts.
Le plus amusant est que l'imprimante ne réalise finalement qu'une partie du travail.
Elle fabrique les pièces.
Après cela commencent parfois le nettoyage, la préparation, l'ajustement, le collage, le mastic, le ponçage, le primer, l'aérographe, le pinceau...
Imprimer la figurine n'est parfois que le début.
Pendant ce temps, du côté du filament...
La résine n'avait évidemment pas remplacé l'impression filament.
Les deux technologies répondaient simplement à des besoins différents.
Et ma vieille Prusa fonctionnait toujours.
Je regardais régulièrement les évolutions proposées pour la remettre davantage au goût du jour. Mais plus les années passaient, plus une autre question devenait difficile à éviter.
Pour le prix d'une évolution importante de ma machine, que proposaient désormais les imprimantes récentes ?
J'ai donc recommencé à regarder le marché.
Et la conclusion n'a pas demandé énormément de temps.
Pour un budget inférieur à certaines évolutions envisagées pour la Prusa, je pouvais acheter une nouvelle machine offrant des capacités très largement supérieures à ce que j'avais connu jusque-là.
Une Anycubic et son module complémentaire ont donc rejoint l'atelier.
La Prusa n'a pas disparu pour autant.
Elle fonctionne toujours et continue à imprimer des pièces lorsqu'elles correspondent à ses capacités.
Disons simplement qu'elle travaille un peu moins.
Par facilité, lorsque je dois aujourd'hui lancer une impression filament, je me tourne généralement vers la nouvelle venue.
Et évidemment, avec de nouvelles possibilités disponibles...
il fallait bien trouver quelque chose à imprimer.
Une petite fusée
Quelque part pendant cette période, j'ai eu envie de faire un petit cadeau personnalisé à mon père.
La célèbre fusée rouge et blanche de Tintin.
Pour le coup, aucun mérite particulier.
J'ai trouvé un modèle qui me convenait, imprimé les différentes parties directement avec des filaments aux couleurs appropriées, assemblé le tout et...
bim.
Une fusée.
Même pas besoin de la peindre.
Elle devait mesurer une quarantaine de centimètres.
Lorsque je la lui ai offerte, il était content.
Bon, il en possédait déjà d'autres.
Il l'a regardée.
Puis il m'a posé une question.
« Et tu peux aller jusque quelle taille ? »
J'ai réfléchi.
« Raisonnablement ? 1,20 m, je pense. »
C'était manifestement la mauvaise réponse.
« Ah ben oui, j'en veux bien une de cette taille. »
Très bien.
Quelques jours plus tard, une fusée Tintin d'environ 1,20 m faisait donc son apparition dans la maison de mes parents.
Mon père était ravi.
Ma mère partageait manifestement cet enthousiasme avec...
un peu plus de retenue.
Les choses commencent à se superposer
À ce stade, raconter les choses dans un ordre chronologique devient d'ailleurs de plus en plus compliqué.
Parce qu'elles ne se déroulent plus vraiment l'une après l'autre.
Lorsque les fusées Tintin sont arrivées, par exemple, une autre impression beaucoup plus imposante était déjà terminée.
Enfin...
l'impression était terminée.
Le projet, lui, était encore loin de l'être.
J'avais décidé d'imprimer Frostmourne, l'épée du Roi-Liche.
À taille réelle.
Parce qu'une miniature aurait manifestement été trop simple.
Les différentes pièces étaient sorties de l'imprimante, mais il restait encore à les assembler, reprendre certaines jonctions au mastic, poncer, préparer et enfin peindre l'ensemble.
Pendant ce temps, rien n'empêchait les imprimantes de travailler sur autre chose.
C'est ainsi qu'une fusée Tintin de 1,20 m peut parfaitement apparaître entre l'impression et la peinture d'une épée d'environ 1,30 m.
Écrit comme ça, cela donne probablement une image assez fidèle de l'atelier.
Une certaine notion des dimensions raisonnables
Frostmourne est donc passée par l'établi.
Assemblage, mastic, ponçage, préparation...
L'impression 3D permet de fabriquer des objets impressionnants, mais elle ne fait pas disparaître miraculeusement les jonctions entre les pièces.
La peinture, elle, n'était finalement pas la partie la plus compliquée du projet.
Le résultat n'est pas parfait.
Je vois encore des endroits que j'aurais pu mieux reprendre et je ne suis pas totalement satisfait de certains aspects de la peinture.
Mais il faut aussi savoir s'arrêter.
Et à un moment, lorsqu'on pose devant soi une épée d'environ 1,30 m et que ça ressemble quand même sacrément à Frostmourne, on peut probablement considérer que l'expérience a plutôt bien fonctionné.
Elle a même obtenu le droit d'être accrochée sur un mur dans un coin du salon.
Je vais considérer ça comme une forme de validation.
Quant à ses dimensions...
J'avais déjà expliqué à mon père qu'une fusée Tintin de 1,20 m était encore une taille « raisonnable ».
J'avais donc manifestement quelques références discutables en la matière.
La rotation saisonnière
Il existe encore une autre raison pour laquelle il devient difficile de parler d'une succession de projets.
Une bonne partie de tout cela se passe dans mon atelier, aménagé dans le grenier.
Et un grenier possède une qualité remarquable :
il permet de savoir très précisément quelle saison nous sommes.
Peindre pendant plusieurs heures lorsqu'il y fait 35 °C n'est ni particulièrement agréable, ni forcément adapté aux produits utilisés.
À l'autre extrême, lorsque la température approche des 10 °C, ce sont notamment les impressions résine qui commencent à apprécier beaucoup moins les conditions.
Certaines activités avancent donc naturellement par périodes.
Une figurine peut être imprimée et attendre sa peinture.
Une réalisation filament peut attendre son assemblage.
La résine peut continuer pendant qu'autre chose est en pause.
Puis les températures changent et les priorités avec elles.
Au fil du temps, une sorte de rotation saisonnière s'est donc installée dans l'atelier.
Enfin...
« rotation saisonnière » est probablement la manière élégante de le dire.
« Rotation saisonnière du bordel » serait sans doute plus fidèle à la réalité.
Une imprimante 3D n'est plus seulement une imprimante 3D
Et puis, pendant tout ce temps, il y a les autres projets.
Parce que l'impression 3D n'évolue pas dans son propre petit univers isolé.
Lorsque j'ai construit un Thread Border Router à partir de cartes ESP32, le montage électronique pouvait fonctionner parfaitement sur l'établi.
Mais pour aller vivre sa vie dans un garage ou une autre pièce de la maison, il lui fallait bien un boîtier.
Fusion 360.
Quelques mesures.
Une imprimante 3D.
Un autre projet consiste à fabriquer un sonomètre connecté destiné, entre autres, à mesurer le bruit des avions passant au-dessus de la maison.
L'électronique fonctionne.
Très bien.
Mais si le sonomètre doit vivre dehors, il lui faut maintenant un boîtier capable de protéger cette électronique des conditions extérieures tout en permettant au microphone de faire correctement son travail.
Retour à la modélisation.
Retour à l'imprimante.
C'est probablement l'évolution la plus importante depuis l'achat de la Prusa.
Au départ, l'impression 3D était le projet.
Aujourd'hui, elle est parfois encore le projet.
Mais très souvent, elle est simplement devenue un outil dans un autre projet.
Et la frontière entre les deux n'est pas toujours très claire.
Aujourd'hui, c'est déjà hier
Voilà donc où en est l'histoire au moment où j'écris ces lignes.
Une Prusa qui travaille moins mais n'a aucune intention de prendre sa retraite.
Une imprimante FDM plus récente vers laquelle je me tourne désormais plus spontanément.
Une imprimante résine.
Fusion 360, avec lequel les relations restent compliquées.
Quelques figurines terminées.
Quelques autres qui attendent leur tour.
Une fusée Tintin de 1,20 m chez mes parents.
Une Frostmourne d'environ 1,30 m sur un mur du salon.
Et probablement quelques impressions dont j'ai complètement oublié l'existence.
Mais tout cela doit aussi cohabiter avec les projets électroniques, la domotique, le bricolage, les choses à réparer, celles que j'ai envie de découvrir...
Et la vie en dehors de l'atelier continue évidemment pendant ce temps-là.
Il y a notamment un fantôme gris qui rôde dans les parages et qui considère, à assez juste titre, que ses longues promenades quotidiennes et ses propres aventures sont nettement plus importantes que de savoir si une couche de primer est suffisamment sèche.
Alors les projets avancent.
Certains rapidement.
D'autres moins.
Certains restent plusieurs mois sans bouger avant qu'une raison quelconque les ramène sur l'établi.
Quand j'ai acheté ma première imprimante 3D, je voulais essentiellement découvrir ce qu'il était possible de faire avec.
Une dizaine d'années plus tard, je crois que la réponse la plus correcte reste :
je n'en sais toujours rien.
Et c'est probablement très bien comme ça.
Il y aura encore des pièces utiles, des réparations, des figurines, des objets parfaitement dispensables, des idées raisonnables et d'autres qui le seront probablement beaucoup moins.
Certaines tiendront en quelques lignes.
D'autres ouvriront un nouveau tiroir.
Et comme beaucoup de mes projets, celui-ci n'aura probablement jamais vraiment de fin.
Au mieux, il passera de temps en temps en pending.

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